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Selon un rapport du Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture, il y aura 19 900 postes à pourvoir de plus que le nombre de travailleurs canadiens disponibles d’ici 2029, contre 2 700 en 2017. Les productions en serre et en pépinière seront le secteur le plus impacté. Photo : Archives/TCN

Selon un rapport du Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture, il y aura 19 900 postes à pourvoir de plus que le nombre de travailleurs canadiens disponibles d’ici 2029, contre 2 700 en 2017. Les productions en serre et en pépinière seront le secteur le plus impacté. Photo : Archives/TCN

Végétal : le secteur horticole en transition technologique

Alors que la pénurie de main-d’œuvre risque de s’accentuer au cours des prochaines années, cinq associations du secteur horticole ont uni leurs forces pour lancer une initiative en vue de réduire leur dépendance aux travailleurs. Pour y arriver, elles miseront sur l’accélération de leur transition technologique. 

Ce projet porte le nom de Réseau d’expertise en innovation agricole. Il regroupe les efforts concertés de l’Association des producteurs maraîchers du Québec, des Producteurs de pommes, des Producteurs en serre, de l’Association des producteurs de fraises et framboises et du Conseil des vins. 

Izmir Hernandez, conseillère en innovation au Réseau d’expertise en innovation agricole

Izmir Hernandez, conseillère en innovation au Réseau d’expertise en innovation agricole

« La création du Réseau résulte de plusieurs constats. La pénurie de main-d’œuvre est un problème tangible dans le secteur horticole et elle s’est accentuée depuis la pandémie avec plusieurs productions non récoltées », souligne Izmir Hernandez, conseillère en innovation au Réseau. 

Rien n’indique que cette tendance va se résorber. Selon un rapport du Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture, il y aura 19 900 postes à pourvoir de plus que le nombre de travailleurs canadiens disponibles d’ici 2029, contre 2 700 en 2017. Les productions en serre et en pépinière seront le secteur le plus impacté. 

Autre constat, la mécanisation, la robotisation et l’automatisation demeurent peu intégrées dans les fermes horticoles. « Les entreprises dépendent encore largement de la main-d’œuvre, qui représente jusqu’à 50 % de leurs coûts totaux dans certains secteurs. En même temps, aucune personne-ressource n’était là pour les accompagner dans un processus d’adoption de nouvelles technologies et faire le pont avec les centres de transfert de technologies et les développeurs. C’est ici que le Réseau peut agir », indique Mme Hernandez. 

Des outils pour les producteurs

Les principaux mandats du Réseau seront d’améliorer les connaissances des producteurs en matière de mécanisation, de robotisation et d’automatisation par l’entremise d’une veille technologique et de développer des outils pour guider les producteurs dans leurs choix. On souhaite aussi favoriser le développement et l’implantation de nouvelles technologies adoptées aux besoins des fermes québécoises, ce qui, du même souffle, les aidera à faire une utilisation plus ciblée des intrants. 

Lancé au printemps dernier, le Réseau a commencé à identifier les besoins précis des producteurs au moyen de consultations. Jusqu’ici, trois groupes de discussion ont été mis sur pied. Des comités de suivi avec chaque association verront également le jour.

« Dans un deuxième temps, nous souhaitons proposer des vitrines technologiques avec des essais au champ, car plusieurs innovations ont été développées ailleurs dans le monde, mais il est important de les tester dans un contexte québécois. Si une entreprise d’Israël met au point une récolteuse à pommes, est-elle adaptée aux besoins des producteurs québécois? Il faut prendre en considération des facteurs comme les conditions de sol, la structure des cultures, le climat, donne-t-elle en exemple. C’est le type d’exercices que nous voulons mener. »

Éventuellement, le Réseau souhaiterait proposer un outil de comparaison pour aider les producteurs à faire des choix éclairés, en collaboration avec la Zone Agtech. 

« Les producteurs peuvent aussi nous contacter pour expliquer leurs besoins particuliers et nous pouvons les orienter vers un centre de recherche ou un développeur susceptible de trouver une solution à leur défi, indique Izmir Hernandez. Il faut savoir qu’au Québec, de nombreux développeurs cherchent des producteurs pour mettre à l’essai leurs innovations. »

Le projet, qui s’échelonne jusqu’à la fin 2023, est financé par l’entremise du Programme de développement sectoriel, en vertu du Partenariat canadien pour l’agriculture. 

On peut suivre les activités du Réseau d’expertise en innovation agricole en s’abonnant à l’infolettre ou sur Facebook.  

Infolettre: https://bit.ly/3QL3Ies 
Facebook: www.facebook.com/REIAQUEBEC/


Un aperçu de l’avenir
Voici deux exemples d’innovations susceptibles d’arriver dans nos fermes.

Pats-X : Ce petit drone autonome assure le contrôle constant de certains nuisibles comme Chrysodeixis chalcites ou Duponchelia fovealis à l’intérieur des serres. Comment? En les déchiquetant en plein vol! Il permettrait de diminuer le recours aux insecticides, assure son fabricant. Un module de surveillance équipé de capteurs de mouvement est également offert pour neuf espèces nuisibles. 

Tevel : Décrit comme le « meilleur cueilleur de fruits au monde », ce robot volant autonome utilise l’intelligence artificielle et l’analyse de données pour se promener dans n’importe quel type de verger, évaluer la classification des fruits et les cueillir au bon moment. Le fournisseur ProduceTech souhaiterait amener cette technologie au Québec l’année prochaine.