C’est souvent près des clôtures ou des boisés que les plants d’asclépiades commencent à s’implanter. Photos : Gracieuseté Bovi-Expert
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S'abonner maintenantDans le palmarès des plantes envahissantes qui contaminent les pâturages et les prairies au Québec, le laiteron vivace, l’asclépiade et la patience crépue trônent dans l’ordre au sommet, mais les deux dernières sont particulièrement préoccupantes en raison du niveau de dangerosité qu’elles représentent pour le bétail en cas d’indigestion en trop grande concentration.
L’asclépiade se propage soit par la germination de ses graines ou la multiplication des rhizomes profonds, qui vont chercher l’eau bien en dessous de la zone d’enracinement des plantes fourragères.

Dans le cas de plants non traités à l’herbicide, il est encore temps d’intervenir en les fauchant avant la formation des graines, habituellement dans la période du mois d’août. « L’objectif de cette fauche est uniquement d’empêcher la production de graines qui seraient dispersées par le vent grâce à leurs aigrettes, vers la fin septembre ou début octobre », indique l’agronome de Bovi-Expert.
Dans le cas d’une infestation d’asclépiades dans un champ, souvent causée par un travail du sol qui a fractionné les rhizomes alors que la plante était déjà présente en concentration importante, la solution passera par l’ensemencement de seigle d’automne deux années de suite. « C’est une céréale avec une croissance rapide au printemps et l’asclépiade ne supporte pas l’ombrage. » Mais pour éviter d’en arriver à cette solution ultime, France Bélanger préconise la prévention en suggérant aux producteurs de surveiller les bords de clôtures et les boisés où l’asclépiade s’installe dans un premier temps et d’intervenir immédiatement avec un traitement d’herbicide.
Patience crépue
Dans le cas de la patience crépue, il s’agit d’une plante envahissante qui s’installe généralement sur les bords des fossés. Au printemps, lors de la fonte des neiges, ses graines flottent sur l’eau et vont coloniser les prairies et les pâturages à proximité.
Ce sont justement les graines de cette plante envahissante qui sont potentiellement catastrophiques en cas de propagation dans un champ. « Avec la fertilisation qu’on met présentement, les plants deviennent très gros et font beaucoup de graines. Un seul plant peut produire de 1 000 à 2 000 graines qui ont un pouvoir germinatif de 40 à 50 ans. Si un producteur fauche trop près d’un fossé peuplé de patiences crépues, ça peut contaminer un champ au complet », prévient l’agronome.
Comme l’asclépiade, la stratégie de contrôle de la patience crépue avant le stade de grenaison demeure l’utilisation d’herbicide, mais comme il s’agit d’un plant avec une racine pivotante et non rhizomateuse, le traitement doit être appliqué sur chacun d’entre eux.

Dans le cas de plants qui atteignent leur maturité avec des tiges couvertes de milliers de graines brunes, il faut absolument qu’ils soient coupés méticuleusement, en prenant soin de ne pas éparpiller les graines, pour ensuite être mis dans un sac avant d’être brûlés.
Notons que dans le cas de la patience crépue, les bovins peuvent ingérer des graines contenues dans une balle ronde sans avoir de symptômes. Toutefois, les graines matures résistent au système digestif et se retrouvent dans les déjections. Ce fumier sera ensuite épandu dans les champs avec un autre potentiel d’infestation.
En raison des périodes de sécheresse cet été, plusieurs producteurs n’ont pas procédé à leur troisième coupe de foin. Une situation qui incite France Bélanger à lever le drapeau rouge. « Il y aura des contaminations la saison prochaine, c’est certain. Les graines des plants vont tomber sur le sol et vont germer. Là, les PAF (plan agroenvironnemental en fertilisation) sont passés. Les producteurs ont plus de temps pour aller marcher sur le terrain. La première chose qu’on fait, on regarde dans le fossé et sur le bord des clôtures s’il y en a. Après, on va voir dans le champ. Qu’ils demandent à leur conseiller de venir voir et, s’ils en ont, d’avoir une stratégie pour les éliminer en prévision de l’année prochaine », conclut-elle.
Symptômes à surveiller chez le bétail
Patience crépue
Le principal symptôme d’une intoxication à la patience crépue se compare à une fièvre de lait, mais qui est observée à n’importe quel stade de lactation. Quelques autres signes à surveiller : troubles digestifs (ex. : diarrhée, ballonnements, etc.), irritation buccale et digestive (ex. : salivation excessive, toux, etc.), troubles nerveux et généraux (ex. : léthargie, faiblesse musculaire, etc.); problèmes rénaux (ex. : difficultés urinaires).
Asclépiade
L’asclépiade contient des cardénolides, qui sont des substances très toxiques pour le cœur. Aussi peu que 0,1 à 0,5 % du poids corporel de la vache en matière sèche peut être mortel. Les jeunes plants ou les plantes fanées/séchées peuvent être plus appétents, donc plus dangereux dans les foins contaminés. Les symptômes à surveiller sont les troubles digestifs (ex. : perte d’appétit, ballonnements, diarrhée ou constipation, salivation excessive), les troubles nerveux (ex. : faiblesse, tremblements musculaires, etc.) et les troubles cardiorespiratoires (ex. : rythme cardiaque irrégulier, fréquence cardiaque lente, etc.).