Santé animale 7 novembre 2025

Le génotypage pour contrer la tremblante de la chèvre

Bien qu’aucun nouveau cas de tremblante de la chèvre n’ait été rapporté au cours des dernières années au Canada, les efforts d’éradication de la maladie se poursuivent, notamment en misant sur la reproduction aux fins de résistance génétique. Ce travail a également été réalisé avec le mouton.

« Les analyses en lien avec la résistance génétique chez le mouton se sont avérées un outil utile pour la gestion et l’éradication de la tremblante », fait valoir l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) dans la documentation disponible sur cette maladie « dégénérative et fatale du système nerveux », observée tant chez les ovins que les caprins. 

« Le génotypage est intéressant, affirme la médecin vétérinaire, soutien santé au Centre d’expertise en production ovine du Québec (CEPOQ), Annie Daigneault. En connaissant la résistance naturelle des animaux envers la tremblante, des croisements peuvent être faits pour essayer d’augmenter le nombre d’animaux portant les allèles génétiques résistantes à la tremblante. »

Les chèvres ayant une seule copie des allèles S146 ou K222 ont démontré un fort degré de résistance à l’infection naturelle par la tremblante.
Les chèvres ayant une seule copie des allèles S146 ou K222 ont démontré un fort degré de résistance à l’infection naturelle par la tremblante.

Ce faisant, la résistance naturelle du troupeau à la tremblante peut être augmentée au fil du temps, ajoute la spécialiste.  

Pour les férus de science, les chèvres ayant une seule copie des allèles S146 ou K222 ont démontré un fort degré de résistance à l’infection naturelle par la tremblante.

Surveillance

« Bien que le dernier cas remonte à 2019, on estime que la tremblante existe à de faibles niveaux dans la population de petits ruminants et la surveillance se poursuit au Canada », relève l’ACIA par courriel. 

« Le volume des échantillons de surveillance devrait augmenter, suite à la mise en place des nouvelles exigences d’identification et de traçabilité obligatoires (prévue pour 2026), ce qui facilitera la détection des cas restants au Canada », précise en outre l’Agence.

Pour l’heure, deux options sont offertes aux producteurs caprins qui souhaitent contribuer à l’éradication de cette maladie à déclaration obligatoire, souligne Annie Daigneault.

L’ACIA a instauré un projet pilote de génotypage pour évaluer la résistance génétique dans les troupeaux caprins positifs.

S’il y a un cas positif de tremblante confirmé dans un troupeau, il est possible, pour le producteur, de s’inscrire au projet pilote plutôt que de demander le dépeuplement complet du troupeau.

Annie Daigneault

Un programme (volontaire) de surveillance de la tremblante est également en cours. En fonction de ce dernier, les producteurs doivent soumettre un échantillon, aux fins de test, lorsqu’un animal de plus de 12 mois meurt à la ferme ou est euthanasié. Un génotypage est, du coup, réalisé, relève Annie Daigneault. 

Rassurant

Même si la tremblante de la chèvre les inquiète « moyennement », les éleveurs caprins laitiers, Sylvie Girard et Raynald Dubé, à Ange-Gardien, en Montérégie, participent à ce programme de surveillance. « Quand les résultats des tests sortent négatifs, c’est rassurant », affirme M. Dubé. 

Lors de la vente de certains reproducteurs ou d’autres animaux du troupeau, le travail de surveillance de la tremblante (ainsi que les autres tests réalisés pour les maladies caprines) offre par ailleurs une garantie supplémentaire sur la qualité du cheptel, estime Raynald Dubé. 

En plus de soumettre des échantillons, le producteur précise qu’il est nécessaire, pour participer au programme de surveillance, de fournir un inventaire annuel complet du troupeau (400 têtes, dans son cas), ainsi que le détail des déplacements des bêtes, en cas de vente. Cela représente une importante charge de travail, dit-il. En contrepartie, cela lui permet d’importer de la génétique caprine des États-Unis. 

Selon l’ACIA, la tremblante classique a été détectée dans 51 troupeaux de moutons et 17 troupeaux de chèvres, depuis la création du Programme national d’éradication de la ­tremblante du Canada en 2005.  

Signes à surveiller

Voici les principaux signes cliniques de la tremblante apparaissant
chez les animaux âgés de plus de 12 mois :

  • Des changements de comportement
  • Une perte de poids inexpliquée
  • Des difficultés à se tenir debout ou à marcher
  • Une mort subite
  • Une mauvaise qualité du pelage
  • L’absence de tout signe

Source : ACIA