Machinerie 25 octobre 2023

Des semoirs qui en mettent plein la vue

L’UtiliTerre était sur place lors de la dernière édition d’Expo-Champs alors qu’avaient lieu des démonstrations commentées des plus récents modèles de semoirs et des améliorations apportées à ceux-ci. Tour d’horizon des machines en démonstration et de leurs améliorations.

Le Solitair 9+ de Lemken

Le semoir Solitair 9+ est décrit comme très polyvalent par le fabricant d’équipements agricoles Lemken, qui en a fait la démonstration au cours de la dernière édition d’Expo-Champs. 

Le semoir est offert en trois versions (300, 350 et 400) avec des trémies d’une capacité de 1 450 litres pour les deux premiers et 1 850 pour le troisième. 

Hugo Labonté, directeur des ventes régionales pour l’ouest du Québec

La trémie de 1 850 litres dispose d’une cloison amovible permettant de la diviser en deux dans un rapport de 50/50 ou de 60/40. Chacune des deux sections est équipée de son propre capteur de niveau de fin de trémie et chacune possède son propre moteur électrique qui entraîne deux doseurs jumelés pour chaque côté. Le semoir peut insérer dans le sol deux produits à la fois, soit deux semences ou une semence et un engrais; c’est le système « double shot ».

« On peut donc avoir dans le même sillon, par exemple, un blé avec un démarreur et à une profondeur différente de cinq centimètres », a expliqué Hugo Labonté, directeur des ventes régionales pour l’ouest du Québec et l’est de l’Ontario. 

Le « double shot » offre une grande flexibilité dans le placement des produits mis en terre. L’utilisateur peut semer les composants provenant des deux trémies dans le même rang ou chaque composant en rangs séparés. Dans ce cas, il suffit de remplacer les cartouches de jalonnage munies de perçages à tous les rangs par des cartouches munies de trous correspondant à un rang sur deux. Sur la version « double shot », la mise en terre des rangs de la deuxième rangée peut être réglée différemment et jusqu’à cinq centimètres plus en profondeur par rapport à celle de la première rangée. Ainsi, le placement des semences ou de l’engrais a toujours lieu à une profondeur optimale.

La machine peut aussi être réglée pour distribuer des semences différentes sur deux rangs, par exemple un rang d’avoine et un rang de luzerne. Un moteur électrique alimente la mécanique de dosage avec une échelle pouvant varier de 1,5 kg à l’hectare à 300 kg à l’hectare.

On peut donc semer du foin et du blé avec le même semoir.

Hugo Labonté

L’appareil est pourvu des éléments de semence double disque qui pénètrent facilement le sol pour former un sillon propre et y placer la semence avec précision à une profondeur constante. La pression sur les disques et la profondeur de semis sont réglées indépendamment l’une de l’autre. Par conséquent, le contrôle de la profondeur est constant, peu importe la vitesse d’avancement et le type de sol.


Le Precea 3000 CC Super d’Amazone 

L’équipe représentant le fabricant allemand d’équipements agricoles Amazone a causé une surprise en faisant la démonstration d’un semoir à maïs à quatre rangs. 

Jérémie Messerli, gérant des ventes au Québec pour Amazone

« Le Precea 3000 Super est un planteur à maïs de technologie européenne, une machine de haute vitesse et de grande précision », a expliqué Jérémie Messerli, gérant des ventes au Québec pour Amazone, à ceux qui assistaient à la démonstration. « Le Precea 3000 fait trois mètres de large aux 30 pouces. On peut faire 8 rangs avec les planteurs portés et aller jusqu’à 16 rangs avec les modèles traînés. »

Sur le modèle en démonstration, le système de dosage des semences est électrique et indépendant pour chaque doseur avec la possibilité d’effectuer du contrôle de secteur, d’avoir des taux variables sur chaque unité et la calibration automatique en temps réel.

Jérémie Messerli explique aussi que la trémie peut recevoir des engrais solides ou liquides.

Dans le cas d’engrais solide, on a une ­trémie à dosage électrique avec un contrôle ­individuel de l’engrais pour ainsi économiser sur les intrants.

Jérémie Messerli, gérant des ventes au Québec pour Amazone

Le Precea est pourvu d’un sabot qui prépare le lit de semence. Les disques de semis sont entraînés électriquement et individuellement et les doseurs sont auto-ajustables, une caractéristique que le fabricant dit unique sur le marché et qui permettrait d’obtenir une très grande précision. La distribution des grains se fait par surpression. La semence glisse de la trémie vers le disque sélecteur qui ne retient qu’un seul grain, les surplus étant raclés pour éviter les doubles.

Les grains sont par la suite acheminés vers une canule d’expulsion pourvue d’un capteur optique qui affiche sur le terminal du tracteur les manques ou les doubles.

Le disque ouvreur forme un sillon parfait dans le sol. La graine est expulsée dans le sillon et positionnée dans la roulette de réception pour éviter que la semence roule et s’assurer qu’elle adhère plutôt parfaitement au sol, permettant ainsi un bon accès à l’humidité.

Enfin, sur les roues de fermeture, la pression peut être ajustée, ainsi que l’angle d’attaque selon le type de sol. Quant à la vitesse d’exécution, selon le fabricant, elle peut atteindre 15 km/h à très grande précision avec 83 000 à 88 000 grains à l’hectare.

« Le sabot fait toute la différence en préparant le lit de semence, explique Jérémie Messerli. La précision est plus grande avec le système à pression hydraulique sur la roue qui appuie la graine dans le fond du sillon pour avoir une profondeur uniforme. »


Le Xeos TF d’Innotag

C’est avec une trémie frontale que le fabricant Innotag a fait sa présentation lors de la démonstration du semoir Xeos TF. 

« C’est un semoir, mais sans ligne de semis », a expliqué le directeur d’Innotag, Vincent Machabée, qui commentait la démonstration.

Vincent Machabée, directeur de la compagnie Innotag

La trémie frontale est vraiment un système sous-utilisé. Le système peut être monté sur un planteur à maïs pour alimenter du soya, sur un sarcleur pour faire du semis intercalaire ou encore sur une rampe avec diffuseur pour semer du blé dans le soya à l’automne et même faire de l’engrais, toujours avec la même trémie. On peut donc s’en servir tout au long de la saison.

Vincent Machabée, directeur d’Innotag

La trémie avant permet un meilleur équilibre des charges sur le tracteur, réduisant la charge sur l’essieu, et entraînant ainsi une réduction de la compaction du sol.

La trémie, d’une capacité de 1 800 litres, est pourvue d’un système de distribution électrique. Le grain ou l’engrais est acheminé par un tuyau de six pouces jusqu’à une tête de distribution qui, selon le modèle, peut travailler sur 6, 8, 12, 24 ou 40 rangs.

Sur chacune des sorties de la tête de distribution, un système électrique de clapet permet le contrôle rang par rang.

La séance de démonstration a également permis de présenter un sarcleur développé par Innotag et pouvant être utilisé autant par les producteurs qui travaillent en régie conventionnelle que par ceux qui sont en régie biologique.

L’appareil est fixé à l’aide d’un attelage coulissant conçu spécialement pour piloter le sarcleur mi-lourd fabriqué par Innotag. L’attelage peut même accommoder des sarcleurs couvrant jusqu’à 16 rangs. Selon le fabricant, sa construction robuste entièrement en acier et son cylindre hydraulique haute capacité offrent une très grande précision de sarclage jusqu’à 15 km/h grâce à un contrôle par système de caméra Culticam.

« La caméra voit le rang et oriente le sarcleur, ce qui permet une grande précision », a expliqué le directeur de l’entreprise.

Pour un producteur en régie conventionnelle, un réservoir placé à l’avant du tracteur et un système de buses permettraient d’arroser sur une dizaine de pouces alors que le reste du rang serait désherbé mécaniquement, limitant l’utilisation d’herbicides.

Un sabot de semis peut également être placé à l’arrière de la patte en C du sarcleur pour semer sur une largeur de six pouces.