Matthieu Beauchemin apprécie la qualité des vendanges, mais déplore les pertes de raisins, pour une autre année, en raison de maladies fongiques. Photo : Gracieuseté du Domaine du Nival
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S'abonner maintenantLe raisin est d’une qualité exceptionnelle cette année, mais selon les régions, les précipitations abondantes ont fait perdre aux viticulteurs des volumes considérables en raison des maladies fongiques qui se traitent plus difficilement sous régie biologique. Matthieu Beauchemin, président du Conseil des vins du Québec et lui-même copropriétaire d’un vignoble biologique, affirme que la situation se répète d’une année à l’autre et devient préoccupante.
« On a reçu beaucoup de pluie à la fin juin, et la pluie est arrivée au pire moment, alors que le raisin était le plus vulnérable. Ça nous a donné des maux de tête pour contrôler la maladie. On a subi des pertes entre 20 et 25 % à cause du mildiou », raconte-t-il. Le traitement au cuivre principalement employé sous régie biologique pour contrer les maladies fongiques devient peu efficace après 20 mm de pluie, car le produit est délavé. « Avec des 80 mm de pluie, tu es cuit. Tu n’es pas protégé et c’est là que la maladie s’installe. On a eu 250 mm en quelques semaines », explique M. Beauchemin, dont le vignoble, Domaine du Nival, se trouve à Saint-Louis, en Montérégie.
Près de Québec, Louis Denault, copropriétaire du Vignoble Ste-Pétronille, également sous régie biologique, parle d’une saison « un peu chaotique ». Les maladies fongiques ont été une bataille de tous les instants lors des périodes pluvieuses, rapporte-t-il.
On a perdu des fruits qui ont été atteints. C’est tout le temps décourageant. La charge est un peu en deçà de la moyenne. Heureusement, les mois d’août et septembre ont été miraculeux, procurant une récolte belle et saine.
Les secteurs plus au sud du Québec auraient reçu moins d’eau et paraissent moins affectés par les maladies fongiques cette année, nuance Matthieu Beauchemin. Cependant, pour l’ensemble du Québec, plusieurs vignobles sous régie biologique ont essuyé des pertes de près de 25 %, une situation qui est devenue plus commune depuis les trois ou quatre dernières années.
« On enchaîne des saisons avec davantage de gros épisodes de pluie. On ne peut pas se permettre des pertes comme ça. Quelques vignerons sont sortis du bio, et certains qui étaient en processus de certification ont remis en question leur transition vers le bio », déplore le vigneron. Ce dernier ne songe toutefois pas à délaisser sa certification; au contraire, il explore de nouvelles pistes de solution, comme l’amélioration de la circulation de l’air dans le vignoble et l’utilisation d’équipements et de produits plus efficaces acceptés sous régie biologique.