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S'abonner maintenantLes producteurs de pommes de terre du Québec ont désormais accès à un outil de calcul établissant les seuils de rentabilité financière avant d’investir dans des projets visant à améliorer la profitabilité de leur entreprise tout en contribuant à la compétitivité de l’industrie.
Jusqu’à maintenant, le seul guide dont ils disposaient était le rapport dressé par le Centre d’études sur les coûts de production en agriculture (CECPA), qui se concentre sur les coûts de production sans aborder l’aspect de la rentabilité.
« C’était vraiment un besoin pour les producteurs. Oui, il y a les coûts de production, mais il y a aussi les investissements quand on songe à se doter de nouveaux équipements ou de nouvelles technologies et qu’on veut avoir une idée de combien d’années sont nécessaires pour immobiliser ces investissements », explique Jennifer Gagné, directrice générale intérimaire et coordonnatrice mise en marché chez les Producteurs de pommes de terre du Québec (PPTQ).

En collaboration avec le Groupe Vision Gestion, la firme Forest Lavoie Conseil a donc développé des tableaux Excel d’analyse financière portant sur des projets reliés à l’irrigation, à l’entreposage avec réfrigération et balance, au trieur optique, à la station de lavage et à l’achat de terre. Des scénarios ont été retenus en fonction des besoins des trois marchés présents au Québec : la pomme de terre de table, le prépelage et la croustille.
« Ce sont des projets qui ont été identifiés par la Table filière du secteur de la pomme de terre comme étant les plus porteurs pour améliorer la performance de l’industrie. Pour arriver avec des estimations les plus précises, on a mené des entrevues avec des fournisseurs d’équipements afin de connaître les coûts et les tendances sur le marché », souligne Sarah-Maude Larose, analyste bioalimentaire pour Forest Lavoie Conseil.
Une ferme modèle de 325 hectares
La firme a élaboré ses analyses en partant d’une ferme modèle cultivant une superficie de 325 hectares, dont 151 en pommes de terre et le reste en rotation, avec un rendement moyen de 352 quintaux/acre et 10 % de pertes.
Les scénarios sont toujours présentés avec un projet affichant des revenus qui couvrent minimalement l’investissement et un second offrant un gain de rendement. Par exemple, un producteur investissant dans l’irrigation d’un champ (2 500 $/acre) devra au minimum obtenir un gain de 15 quintaux/acre (4 % de rendement) pour récupérer sa mise. Il peut espérer faire un bénéfice avec un rendement supplémentaire de 5 %, soit 18 quintaux/acre.
Pour le projet sur portant sur l’entreposage avec réfrigération (46 $/quintal) et balance (100 000 $), l’investissement pourra être récupéré au minimum avec un gain de 3,59 $/quintal et générer un profit avec un niveau de 4,31 $/quintal.
Dans le cas d’une station de lavage ou d’un trieur optique nécessitant une mise de 860 000 $, le producteur peut espérer couvrir son investissement avec un gain de rendement de 0,88 $/quintal et obtenir un profit répondant aux standards avec une hausse de 1,05 $/quintal.
Enfin, dans le scénario de l’achat d’une terre au coût de 20 000 $/acre, Forest Lavoie Conseil en arrive à la conclusion qu’il faudrait obtenir un rendement de 1 301 $/acre pour récupérer son investissement de départ. C’est ce qui fait conclure à la firme-conseil que « l’achat d’une terre ne se rentabilisera pas au prix actuel ».
Bien qu’élaboré avec des données crédibles provenant de l’industrie, le modèle d’analyse financière n’est pas une baguette magique et se doit d’être utilisé avec l’aide de son expert-comptable ou de son agroéconomiste-conseil, suggèrent les auteurs du document.
Le regroupement des PPTQ dispose du nouvel outil de calcul depuis le début de l’année et celui-ci sera bientôt disponible sur le portail du site Web (www.pptq.ca) réservé aux producteurs. « Idéalement, on voudrait qu’ils l’utilisent en passant par le portail afin d’éviter qu’ils brisent les formules mathématiques à l’intérieur du fichier Excel, mais d’ici à ce qu’il soit disponible sur notre site, ils peuvent communiquer avec moi pour obtenir le fichier », conclut Jennifer Gagné.