Le producteur à l’Île-d’Orléans Claude-Olivier Blais a participé à la mi-février au Potato Marketing Association of North America à titre de représentant du comité prépelage des PPTQ. Photo : Gracieuseté de Claude-Olivier Blais
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantDécouvrir les nouveautés du moment, rencontrer des fournisseurs et des clients potentiels, ou encore prendre le pouls du marché : toutes les raisons sont bonnes pour participer aux différents événements hors Québec de l’industrie de la pomme de terre.
C’est du moins ce qu’affirment des producteurs sondés à leur retour de différents rendez-vous internationaux. Chacun y trouve son compte, assure Junior Fiset, copropriétaire de la ferme Fiset Lyster, à Inverness, dans la région du Centre-du-Québec.
Le producteur se rend régulièrement au Potato Expo, organisé chaque année aux États-Unis. L’événement est l’une des plus grandes foires commerciales de l’industrie en Amérique du Nord. L’édition 2026 s’est déroulée à Dallas, au début de l’année. Et M. Fiset était sur place. « À ce type d’événement-là, on voit tout ce qui est rattaché, pratiquement de façon exclusive, à la pomme de terre, dit-il. C’est donc dix fois mieux qu’une exposition agricole ou de machinerie au Québec, qui porte souvent à 90 % sur toutes les autres productions agricoles, comme le lait, le porc ou le poulet. » Personnellement, le producteur de pommes de terre, qui cultive 105 hectares pour le marché de la table, s’intéresse davantage à la machinerie qu’aux différentes conférences, également offertes à cette occasion.

« J’aime voir les nouveautés et ce qui s’en vient, affirme M. Fiset. Ça nous permet, en même temps, de rencontrer nos fournisseurs d’équipements qui sont à travers le monde et de leur poser des questions sur l’adaptabilité ou l’optimisation de nos machineries. »
Également présent à l’événement, Pierre Vaillancourt, copropriétaire de la Ferme Valupierre, à l’Île-d’Orléans, est convaincu que les producteurs ont tout intérêt à sortir de chez eux pour élargir leurs horizons.
La technologie développée par une start-up californienne pour analyser les tissus végétaux avec l’apport de l’intelligence artificielle a particulièrement intéressé M. Vaillancourt. « Ça a vraiment piqué ma curiosité », dit-il.
Puisque tous les acteurs de l’industrie du Québec, du Canada et des États-Unis sont rassemblés à cet événement, l’occasion est idéale « pour mettre des visages sur des noms ». « Les échanges entre producteurs sont toujours intéressants », assure Pierre Vaillancourt.
Ricky Roberge, président de l’entreprise Nordany, spécialisée dans la vente de semences de pommes de terre, est également un habitué du Potato Expo. Il s’y rend chaque année à titre d’exposant.

« Ça fait une quinzaine d’années que j’y vais et c’est une très bonne place pour rencontrer la majorité de nos clients », dit le grand patron de la PME de Saint-Roch-de-l’Achigan, dans Lanaudière, dont les exportations représentent une part importante des activités.
M. Roberge affirme notamment transiger avec des producteurs répartis entre l’Alberta et l’Île-du-Prince-Édouard, de même qu’aux États-Unis.
Un show immense
Cette année, Ricky Roberge a toutefois vécu une nouvelle expérience en participant, au début février, au Fruit Logistica, à Berlin, en Allemagne, qui attire près de 100 000 personnes. Il s’y est rendu cette fois-ci non pas à titre d’exposant, mais bien de producteur et d’emballeur, pour la Ferme J. Ouimet, dont il est copropriétaire.
Contrairement au Potato Expo, l’exposition de Berlin porte plus largement sur l’industrie des fruits et légumes, précise-t-il.
C’est un des plus gros showsau monde de fruits et légumes. C’est immense! En trois jours, on a eu de la misère à tout voir.
Bien qu’il soit « déjà à jour » en matière d’équipements, le producteur de pommes de terre affirme s’être rendu sur place particulièrement afin de découvrir les nouveaux types d’emballages offerts, ainsi que les nouvelles technologies. « Ça nous permet de voir nos fournisseurs en même temps, parce qu’on achète déjà des équipements d’emballage qui proviennent d’Allemagne ou de la Belgique », souligne-t-il.
Heureux hasard : lors de la visite de l’usine d’un de ses fournisseurs en Allemagne, M. Roberge dit avoir vu sur une chaîne de montage une pièce d’équipement qu’il doit recevoir en mai et qui est présentement en fabrication.
Ricky Roberge affirme en outre avoir eu l’occasion de visiter, en marge du Fruit Logistica, une ferme allemande spécialisée dans la culture de pommes de terre et de carottes. Bref, il revient enchanté de son expérience et prévoit assurément y retourner dans quelques années.
Préoccupations
Ce type d’événement spécialisé est par ailleurs l’occasion de prendre le pouls du marché. Junior Fiset dit, pour sa part, entrevoir l’avenir avec un optimisme prudent. Il n’est donc pas revenu de Dallas avec des projets d’acquisition de nouvelles machineries dans ses valises.
« La situation économique de la pomme de terre fait qu’on est restreint un peu dans le développement de nos idées, avance-t-il. Pour les prochaines années à venir, on est un peu dans l’incertitude. Il y a des surplus de production cette année. Et pas juste en Amérique du Nord; dans le monde aussi. »

La concurrence provenant entre autres de la Chine et de l’Inde est une source de préoccupation, dit-il. La concurrence internationale est de plus en plus présente, confirme Claude-Olivier Blais, qui a participé à la mi-février au Potato Marketing Association of North America, à Las Vegas, aux États-Unis. Il y a agi à titre de représentant du comité prépelage des Producteurs de pommes de terre du Québec (PPTQ).
Organisée trois fois par année, cette rencontre d’une journée réunit des représentants de l’industrie de la pomme de terre du Québec, du Canada et des États-Unis. « Ça nous permet de voir ce qui se passe sur le marché, s’il y a des enjeux, et ce qui s’annonce pour les prix et les coûts de production », explique le copropriétaire des Fermes David et Richard Blais, à l’Île-d’Orléans.
Les informations récoltées sur place peuvent notamment être utiles pour la conclusion des contrats annuels avec les transformateurs.
Pour l’heure, l’abondante récolte de pommes de terre, surtout dans l’Ouest américain, pourrait avoir un effet à la baisse sur les prix, avance le producteur qui fournit notamment depuis quatre décennies les restaurants Ashton. Résultat : « Les projets d’investissements de plusieurs sont sur le break », conclut Claude-Olivier Blais.