Pommes 7 juillet 2026

Un banc d’essai pour mieux pulvériser dans les vergers

Plus de puissance ne rime pas nécessairement avec plus d’efficacité. C’est ce que veulent démontrer les chercheurs de l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) et les Producteurs de pommes du Québec (PPQ) grâce à un nouveau banc d’essai pour pulvérisateurs arboricoles, le premier du genre en Amérique du Nord.  

L’équipement, acquis par les PPQ avec le soutien de la Financière agricole du Québec et la collaboration du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), a été inauguré le 7 juillet dans les locaux de l’IRDA, à Saint-Bruno-de-Montarville.

Le banc d’essai est, pour l’heure, installé dans les locaux de l’IRDA, à Saint-Bruno-de-Montarville. Photo : Gracieuseté des PPQ
Éric Rochon

« Nous sommes très fiers de pouvoir compter sur cette innovation technologique et d’être les premiers à en profiter en Amérique du Nord, se réjouit le président des PPQ et pomiculteur dans les Laurentides, Éric Rochon. On faisait les choses comme on croyait qu’il fallait les faire, mais ce qu’on apprend c’est qu’il y a moyen de faire mieux. »

Pour l’heure, les 11 autres bancs d’essai de ce type sont déployés en Europe. Ils ont été développés par le conseiller pomicole allemand et spécialiste de la pulvérisation arboricole, Peter Triloff, avec le manufacturier Herbst.

Vincent Philion

Cet équipement, qui permet d’améliorer les pratiques de pulvérisation, n’est pas totalement inconnu au Québec. Il avait fait l’objet d’une brève démonstration en 2016. Depuis, le chercheur en phytopathologie pomicole de l’IRDA, Vincent Philion, n’a cessé de plaider en faveur de son acquisition.

Selon lui, plusieurs études se sont intéressées à la dérive des pesticides, une partie de la bouillie pulvérisée n’atteignant pas sa cible et se retrouvant plutôt au sol ou dans l’air. « Il était temps qu’on s’intéresse à la distribution de l’air [des pulvérisateurs], affirme-t-il. Ce qui n’était pas le cas avant. »

Plusieurs avantages

Concrètement, le nouvel équipement, permet de mesurer l’uniformité de la distribution et la vitesse de l’air généré par les pulvérisateurs. Bref, le banc d’essai est « un gros anémomètre » qui permet, en quelque sorte, de scanner le champ d’air soufflé par le pulvérisateur et de mesurer son efficience, illustre l’expert de l’IRDA.

Les essais – réalisés à l’intérieur — permettront de mieux cerner les limites des pulvérisateurs et d’orienter les ajustements nécessaires pour en améliorer la performance. Selon Vincent Philion, les manufacturiers devraient « idéalement » être tenus de satisfaire à la norme Aircheck.

« Certains croient que ça prend de la puissance, mais ce n’est pas ça. Quand on projette beaucoup de bouillie, il y en a beaucoup qui tombe au sol », dit-il.

À l’opposé, fait-il valoir, un pulvérisateur qui souffle la bonne quantité d’air présente plusieurs avantages, dont la réduction de bruit, de carburant et, à la limite, des produits appliqués, car ils atteignent davantage la cible visée.

Ailleurs au Québec

Le banc d’essai sera d’abord installé en Montérégie, dans les locaux de l’IRDA. Il sera par la suite utilisé dans d’autres régions du Québec lors d’ateliers diagnostics financés par le MAPAQ, a-t-il été précisé dans le cadre de cette annonce. Un accompagnement technique sera offert par l’équipe de l’IRDA.