Les pommes du Québec ont été populaires, cet hiver, dans les épiceries. Des données d’inventaire provinciales révèlent que les mois de février et de mars ont été les meilleurs des neuf dernières années sur le plan des quantités de fruits écoulées. Photo : Caroline Morneau/TCN
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S'abonner maintenantLes pommes du Québec ont été populaires cet hiver, remarquent des producteurs et des emballeurs, qui associent le phénomène aux promotions agressives en épicerie et à l’effet sur l’achat local que semblent avoir eu les menaces de tarifs douaniers américains. Des données d’inventaire provinciales révèlent que les mois de février et de mars ont été les meilleurs des neuf dernières années, sur le plan des quantités de fruits écoulées.
« Nous, de notre côté, on a vraiment vu un lift dans nos ventes », témoigne Chloé Boileau, des vergers Jean-Yves Boileau et Fils, à Havelock en Montérégie.
« La baisse de prix aux producteurs, à la mi-décembre, amalgamée à l’effet sur l’achat local [des menaces de tarifs], a été bénéfique pour nous », croit celle dont l’entreprise produit des pommes en plus d’emballer celles d’autres pomiculteurs de Dunham, de Rougemont et de Saint-Paul-d’Abbotsford.
Le contexte politique, c’était une grande opportunité pour nous. On a senti que les chaînes étaient disponibles et ouvertes à faire la promotion de produits locaux, et on était le seul fruit local, cet hiver. En plus, on avait les stocks pour faire des promotions en circulaire.
Au 1er décembre, les stocks de pommes à écouler à l’état frais d’ici la prochaine saison s’élevaient à environ 2,2 millions de minots, selon des données compilées par Les Producteurs de pommes du Québec (PPQ). Au 1er avril, les stocks étaient descendus à 1,07 million de minots.
Des baisses de prix dures à encaisser
À Saint-Joseph-du-Lac, dans les Laurentides, le producteur et emballeur Martin Trottier, qui alimente les grandes chaînes et les fruiteries, observe aussi que les spéciaux ont été plus agressifs qu’à l’habitude, cet hiver, ce qui a propulsé les ventes. Le prix qu’il obtient pour ses pommes, juge-t-il cependant, est loin d’être idéal.
« C’est correct pour cette année, les baisses de prix, parce qu’on avait vraiment une grosse récolte à passer, mais il ne faudrait pas que ça se répète tous les ans », souligne le propriétaire du Verger M. Trottier.
Rappelons qu’après une récolte historique de pommes, les producteurs ont accepté deux réductions de leur prix de vente aux emballeurs sur les variétés traditionnelles à mettre en sac, à la fin de 2024. Les emballeurs se sont engagés, à leur tour, à vendre leurs sacs moins cher aux détaillants, dans l’optique de faire descendre les prix sur les étals et de favoriser l’écoulement.
Selon le président des PPQ, Éric Rochon, l’année financière de plusieurs producteurs a été difficile, même si l’écoulement va bon train. Ils ont vendu de gros volumes de fruits, mais à un prix qui ne compense pas leurs coûts de production, fait-il valoir.
Cet hiver, les pomiculteurs ont reçu 15 $ le minot pour les McIntosh, les Cortland, les Empire et les Spartan destinées à être mises en sac. À la fin de l’été 2023, ils obtenaient plutôt 21 $ le minot pour ces pommes.
« Il faudrait qu’on reçoive entre 18 et 19 $ pour faire nos coûts de production », observe le président. Oui, l’écoulement va bien. On a eu les meilleurs mois de février et de mars depuis longtemps, mais on vend quand même nos pommes à perte et il en reste encore beaucoup en inventaire », souligne-t-il.
Le président, par ailleurs, se désole que les baisses de prix se soient traduites par des promotions et des spéciaux, alors que son organisation espérait plutôt des réductions du prix régulier des pommes en magasin.