« On doit être efficaces dans notre travail pour diminuer nos coûts de production et demeurer compétitifs par rapport à ce que l’Ontario fait. » – Claudia Caouette, pomicultrice. Photos : Gracieuseté des Vergers et Jardins Caouette
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S'abonner maintenantClaudia Caouette se sent privilégiée. Elle a pu assister en juillet dernier au « Summer Study Tour », organisé à London, dans le sud de l’Ontario. L’événement lui a non seulement permis de prendre la mesure des enjeux communs aux pomiculteurs des deux provinces, mais également de trouver une source d’inspiration pour d’éventuels projets.

Copropriétaire avec ses parents des Vergers et Jardins Caouette, à L’Islet, dans Chaudière-Appalaches, Claudia a pris part à l’événement organisé par l’Association internationale des arbres fruitiers (IFTA), grâce à une bourse offerte par les Producteurs de pommes du Québec (PPQ). C’était en fait la première fois que les PPQ permettaient à une jeune de la relève de vivre cette expérience, souligne le directeur général de l’organisation, Jérôme-Antoine Brunelle. « L’idée, c’est d’aller voir ce qu’il se fait ailleurs pour y chercher les meilleures idées et les ramener au Québec », affirme-t-il.
Ça tombait bien; le Summer Study Tour est parfois organisé aux États-Unis, mais il se déroulait cette année à proximité du Québec, fait valoir M. Brunelle. Et Claudia Caouette est effectivement revenue la tête pleine d’idées de son court séjour dans la province voisine, qui produit le plus de pommes au Canada.
D’emblée, elle dit y avoir été soufflée par les superficies en culture, où les vergers cultivés en haute densité ont la cote.
C’est beaucoup plus petit au Québec, comparé à l’Ontario, dit-elle. Le verger chez nous [15 hectares] représente une parcelle, là-bas.
Cela lui a fait réaliser que « chaque geste est plus lourd de conséquences » dans une petite exploitation. « Par exemple, si on perd un arbre, ça a plus d’impact pour nous que pour un gros producteur », illustre Claudia Caouette.
Efficacité recherchée
Dans les circonstances, les producteurs québécois doivent demeurer stratégiques dans leurs actions. « On doit être efficaces dans notre travail pour diminuer nos coûts de production et demeurer compétitifs par rapport à ce que l’Ontario fait », estime la pomicultrice de 33 ans, également économiste agricole.
Cela dit, les Caouette se sont donné les moyens, au cours de la dernière décennie, de tirer leur épingle du jeu. Bien avant que Claudia décide de se joindre à l’entreprise familiale, ses parents ont entrepris de renouveler leur verger en optant pour le mode de culture en haute densité.
Cinq des quinze hectares sont actuellement sous ce modèle. Ce nombre est appelé à augmenter au fil du temps. Les variétés de pommes Gala, Ambrosia, Empire et Honeycrisp, notamment, sont cultivées de cette façon. « La Honeycrisp, c’est notre dada, malgré ses défis », laisse savoir Claudia Caouette.
La haute densité entraîne un investissement plus élevé (plus d’arbres à l’hectare, structures de palissage, irrigation, etc.), mais elle permet de demeurer compétitif sur le marché des emballeurs, dit-elle. « C’est un modèle de production qui amène une meilleure qualité [de pommes] et un plus grand potentiel de revenus », dit-elle, convaincue.
La majorité de la récolte de pommes des Vergers et Jardins Caouette est destinée à la vente en gros.
Les Caouette ont par ailleurs profité de l’obtention d’une subvention pour faire l’achat d’une plateforme de récolte. Celle-ci, en accélérant le travail, permet aux pomiculteurs de gagner en efficacité. Terminées, les échelles dans les vergers.

La visite de Claudia Caouette en Ontario l’a ainsi sensibilisée à l’importance d’effectuer « une veille » pour demeurer à l’affût des nouvelles technologies et d’implanter des solutions numériques pour appuyer le travail de gestion.
Des projets
Outre le côté social de l’événement, qui a permis à différents acteurs de la pomiculture et d’autres cultures fruitières de se côtoyer, Claudia dit avoir apprécié sa visite au centre de recherches Vineland. Des tests y sont entre autres réalisés pour développer de nouvelles variétés de pommes.
« Dans la planification de nos plantations, il faudra probablement intégrer une nouvelle variété dans les prochaines années et s’assurer de bien la produire », prévoit-elle. Si le verger occupe la moitié de la superficie de l’entreprise des Caouette, l’autre portion est allouée à la production de légumes, dont des courges, aussi destinées à la vente en gros, et une flopée d’autres variétés (tomates, haricots, maïs, bleuets, etc.) offertes au kiosque.

Claudia travaille, pour l’heure, à raison de deux jours par semaine au Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ), en plus d’être impliquée à la ferme familiale.
La jeune femme projette d’ailleurs de démarrer une nouvelle production l’an prochain : la culture de framboises sous grands tunnels. « Je ne veux pas créer d’attentes, mais je suis vraiment excitée par ça », lance-t-elle.
Qui sait? Inspirée notamment de son séjour en Ontario, elle pourrait aussi expérimenter la culture de pêches en pot, également sous tunnel. Une histoire à suivre.