Ovins 27 mars 2026

Une bergerie froide pour un élevage plus rentable

Parmi les avantages de la production ovine, on compte la capacité des ruminants à bien supporter le froid. De nombreux éleveurs optent donc pour une répartition de leurs bâtiments entre des sections chauffées et froides : les premières sont réservées aux agnelages et à la pouponnière, tandis que les secondes accueillent l’engraissement et les femelles gestantes. 

Cette stratégie permet de réaliser de grosses économies sur les coûts de chauffage sans répercussions considérables sur la régie, selon l’agronome spécialisée en production ovine Amélie Blanchard.  « Ce n’est pas approprié pour les naissances, mais ça convient pour l’engraissement et le maintien des brebis gestantes, sans impact sur la croissance. Il faut malgré tout une alimentation adaptée, puisque les moutons ont besoin de plus d’énergie, mais l’hiver, la croissance des agneaux est plus rapide. Ils poussent plus vite », mentionne-t-elle. 

« En effet, c’est beaucoup moins coûteux à élever de cette manière », témoigne l’éleveuse Léda Villeneuve, qui garde une partie de son troupeau dans une bergerie froide depuis 17 ans. Elle précise qu’il suffit d’avoir des bols chauffants et de la paille pour éviter l’humidité, mais que pour les moutons, « ça ne fait pas de différence ». 

Par contre, Mme Blanchard signale qu’il faut prévoir une bonne ventilation en été, puisque la bergerie froide peut rapidement se transformer en bergerie chaude pendant les périodes de canicule et avoir une incidence sur les saillies. 

Pour le producteur ovin en démarrage Fabien Dion-Bourbonnais, ce type de bâtiment a été privilégié pour augmenter la capacité de production de son entreprise, tout en minimisant les coûts de construction et, à plus long terme, d’entretien et de chauffage (voir autre texte en p. A06). Il dit avoir facilement trouvé les informations pour le guider dans les méthodes d’élevage dans ce genre d’environnement et sur l’aménagement de ses nouvelles installations, notamment sur les sites Web du Centre d’expertise en production ovine du Québec et du Centre de recherche sur les ovins de l’Université Laval. 

Adjacente au premier bâtiment, la vaste installation accueillera les agneaux à l’engraissement et les brebis gestantes dès cet été, alors que la première bergerie, beaucoup plus modeste, mais chauffée, servira aux mises-bas. Un corridor entre les deux espaces d’élevage facilitera le déplacement des agneaux et des brebis, ces dernières devant notamment être transférées de section pour modifier leur exposition à la lumière, afin de produire à contre-saison, explique le jeune éleveur ovin.