La renégociation de l’accord commercial Canada–États-Unis–Mexique fait partie des grands dossiers pour lesquels les producteurs d’œufs doivent se préparer, surtout dans le contexte de tensions commerciales avec les États-Unis, a rappelé Sylvain Lapierre (au centre), président des Producteurs d’œufs du Québec. Photo : Patricia Blackburn/TCN
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S'abonner maintenantBOUCHERVILLE – La course aux œufs se poursuit même après Pâques pour les producteurs d’œufs du Québec, qui sont en mode rattrapage pour combler à la fois les besoins en forte hausse du marché de consommation des œufs de table et ceux de leurs transformateurs.
La mise en place de différentes stratégies, comme l’allongement du cycle de ponte des poules de réforme afin d’augmenter temporairement la production d’œufs, ne suffit toujours pas à répondre à la demande, bien que le marché de table soit bien desservi. « L’enjeu est vraiment du côté des œufs de transformation. C’est environ 60 à 85 % qu’on a été capables de leur fournir. Quand le système est en équilibre, 90 à 100 % des œufs proviennent du Canada pour répondre à ce besoin. Ce serait souhaitable [qu’on y arrive] pour l’ensemble de la filière », a rapporté Denis Frenette, directeur général et secrétaire de la Fédération des producteurs d’œufs du Québec (FPOQ), lors de l’assemblée générale de l’organisation, le 9 avril, à Boucherville, en Montérégie.
D’autres options possibles
Outre l’allongement du cycle de ponte des poules de réforme en les relocalisant dans d’autres bâtiments disponibles pour augmenter la production domestique, la tolérance de surproduction permise a été rehaussée à 10 % sur le quota provincial. Si la crise s’accentue, d’autres options pourraient être mises de l’avant, comme l’augmentation temporaire de la densité des oiseaux dans les logements enrichis, a mentionné M. Frenette. Celle-ci requiert toutefois une autorisation gouvernementale spéciale afin de pouvoir déroger au code de bien-être animal en place. Cette autorisation a déjà été refusée par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, qui pourrait toutefois revoir sa décision si la situation devient critique, a-t-il spécifié.
Rappelons que cette situation exceptionnelle où la demande surpasse l’offre de production d’œufs a été causée par des vagues de grippe aviaire qui ont décimé plusieurs pondoirs en Colombie-Britannique. À cela s’ajoute une forte croissance de la consommation nationale pour les œufs de table qui fait en sorte que le secteur « est toujours en rattrapage par rapport à la demande, parce que ça prend entre six mois et un an pour mettre de nouvelles poules en production » a rappelé Sylvain Lapierre, président de la FPOQ, en entrevue avec La Terre. Ceci fait en sorte que « l’excédent naturel de production » est moins élevé que d’habitude, « ce qui laisse moins d’œufs pour les transformateurs », a-t-il spécifié.
Ceux-ci avaient historiquement l’habitude de combler le manque en s’approvisionnant aux États-Unis, où la grippe aviaire a également frappé de nombreux pondoirs, faisant grimper le prix des œufs.
Pour la première fois de l’histoire, le prix des œufs de transformation est plus élevé que celui des œufs de table. C’est du jamais vu.
La mise en place de différentes stratégies pour augmenter temporairement la production d’œufs au pays vise donc à faire diminuer le coût relié à ces importations pour la filière œufs, mais également à réduire la dépendance du Canada envers ce marché.
Attention à la grippe aviaire, rappelle l’EQCMA
Martin Pelletier, coordonnateur de l’Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles (EQCMA), a souligné l’importance de maintenir de bonnes mesures de biosécurité même dans un contexte de croissance de la production. « Attention avec les relocalisations de troupeaux de pondeuses de réforme avec d’autres lots de production », a-t-il entre autres rappelé aux producteurs d’œufs lors de l’assemblée générale annuelle de la FPOQ.
Dissolution des Éleveurs de poulettes du Canada
Le conseil d’administration des Éleveurs de poulettes du Canada a décidé de dissoudre l’organisation fondée en 2006. Ce sont les Producteurs d’œufs du Canada qui prendront dorénavant le relais pour défendre les intérêts de ces éleveurs à l’échelle nationale, a spécifié Jessica Lavallée-Morin, secrétaire du défunt organisme.
« Les membres ont clairement indiqué qu’une voie nationale unifiée, uniforme et efficace était nécessaire pour défendre les intérêts des éleveurs de poulettes et de leurs collaborateurs, mais que la structure actuelle n’était plus le véhicule adapté à l’atteinte de cet objectif », a-t-elle précisé dans le cadre de l’assemblée générale annuelle des producteurs de poulettes du Québec, qui précédait celle des producteurs d’œufs du Québec, le
9 avril. Rappelons que l’organisation provinciale des éleveurs de poulettes du Québec s’est affiliée à la FPOQ en 2019 afin de poursuivre sa mission.