Nortera paiera les producteurs du Québec différemment en 2025

Après deux années de récoltes en dents de scie et de champs abandonnés en raison des excès de pluie, la façon de payer les producteurs de pois, de haricots et de maïs sucré de transformation a été revue pour 2025. La rémunération qu’ils recevront de leur acheteur Nortera dépendra davantage des volumes qu’ils seront en mesure de lui livrer. 

C’est ce qui a été convenu, dans le cadre du renouvellement de la convention de mise en marché qui lie les Producteurs de légumes de transformation du Québec (PLTQ) et leur acheteur.

Auparavant, le transformateur versait des primes fixes aux producteurs en fonction des superficies semées, de sorte qu’il assumait une partie des coûts des semences. Ces dernières années, Nortera remboursait également aux agriculteurs leur prime d’assurance récolte. Ces sommes versées s’ajoutaient au revenu à la tonne que les producteurs obtenaient pour leurs récoltes. En 2025, ces montants fixes ne seront pas versés. En contrepartie, les producteurs obtiendront un prix à la tonne plus élevé pour les produits qu’ils livreront aux usines.

En entrevue, le directeur agro-industriel du Québec pour Nortera, Robert Deschamps, explique que le revenu des producteurs sera à peu près équivalent, s’ils remplissent leurs engagements.

Il y a eu beaucoup d’abandons ces dernières années. On se retrouvait à engager de bonnes sommes d’argent en début de saison pour des récoltes qu’on n’avait pas. L’objectif, c’est qu’on paie pour des volumes.

Robert Deschamps, directeur agro-industriel du Québec pour Nortera

Lors de l’assemblée générale annuelle des PLTQ, l’automne dernier, M. Deschamps avait mentionné des difficultés en matière de compétitivité au Québec par rapport aux autres endroits en Amérique du Nord où Nortera cultive des légumes, c’est-à-dire aux États-Unis et en Ontario. « Il faut renouer avec la performance. L’industrie ne peut pas survivre si on ne performe pas », avait-il déclaré. Le changement apporté à la convention, en regard de la rémunération aux producteurs, s’inscrit dans cette volonté d’encourager la productivité.

Dans ce contexte difficile, les PLTQ ont reconnu qu’il ­fallait faire quelque chose pour aider Nortera à « rétablir la situation » au Québec.

« Mais le producteur va l’avoir, sa prime, s’il livre le ­produit », insiste la directrice générale de l’organisation, Mélanie Noël.

Les tarifs pourraient influencer les superficies

En date du 13 mars, le transformateur Nortera n’avait pas encore décidé si les superficies de légumes de transformation au Québec seront maintenues en 2025, par rapport à l’an dernier, ou si elles seront réduites de nouveau advenant l’entrée en vigueur de tarifs douaniers. Rappelons que la production de pois, notamment, avait déjà été abaissée considérablement en 2024. Le directeur agro-industriel du Québec pour Nortera, Robert Deschamps, explique que 50 % de ce que produisent les usines du Canada sont exportés aux États-Unis. Il n’est pas écarté, dans ce contexte, qu’une partie de la production locale soit transférée de l’autre côté de la frontière, où Nortera possède cinq usines. L’objectif du transformateur serait de maintenir ses liens d’affaires avec ses clients américains en leur évitant les tarifs douaniers.