Horticulture 2 décembre 2025

Un bras robotisé pour tailler les sapins?

Dans quelques années, les producteurs d’arbres de Noël pourraient utiliser un bras robotisé pour tailler leurs sapins, plutôt que de le faire à la main. 

Le Centre d’innovation agricole (CIAgricole) et l’Université de Sherbrooke ont décidé d’unir leurs forces pour réaliser des projets novateurs de ce type, en Estrie.  

Le partenariat entre les deux organisations est encore récent, mais l’Association des producteurs d’arbres de Noël du Québec (APANQ) fonde beaucoup d’espoir sur ce nouveau volet technologique. Avec jusqu’à 1 000 sapins à tailler par jour, l’opération est un enjeu pour certains producteurs. 

« On est dus pour avoir quelque chose pour nous aider à tailler les sapins », affirme Hugo Cleary, producteur et administrateur à l’APANQ.

Ça se fait encore à la main, avec une machette. C’est archaïque et un peu problématique.

Hugo Cleary

Selon lui, les autres outils de coupe ne sont pas idéaux et n’assurent pas la forme conique des arbres de Noël. 

Au fait du besoin, le CIAgricole, de Coaticook, a proposé ce défi pour lancer le travail d’automatisation, de numérisation et de robotisation qu’il souhaite réaliser avec l’Université de Sherbrooke, pour répondre à certains enjeux du milieu agricole.  

« Les producteurs de sapins étaient prêts et avaient envie de collaborer », lance le chargé de projet auprès des deux organisations, Étienne Lafortune. 

Catherine Véronneau
Catherine Véronneau

Un groupe de travail a ainsi été formé, et des discussions ont été réalisées avec la professeure et chercheuse en génie mécanique et robotique Catherine Véronneau. Celle-ci dit vouloir plancher sur le développement d’un bras robotisé au bout duquel une machette peut être installée.

D’un point de vue technique, la professeure universitaire a développé l’expertise nécessaire (avec des actionneurs à fluide magnétorhéologiques) pour assurer la rapidité et la sécurité de l’outil, qui pourrait être installé sur un tracteur. 

Comme les coûts de conception d’un prototype sont importants, le projet, impliquant un étudiant à la maîtrise et des stagiaires, est prévu sur deux ans et a été déposé au Programme d’innovation bioalimentaire. 

« On a confiance d’avoir soumis quelque chose de solide, dit M. Lafortune. Si ça ne fonctionne pas, on trouvera un autre bailleur de fonds. »

Une « première preuve de concept » pourrait être déposée d’ici un an, avance Mme Véronneau.  

Coffre à expertises

Si ce premier projet est ambitieux et nécessite une aide financière plus importante, il n’en sera pas toujours ainsi, dit Étienne Lafortune, qui se voit comme un « facilitateur » entre le milieu universitaire et le CIAgricole. 

D’autres enjeux pourraient, par exemple, faire l’objet de projets étudiants de courte ou longue durée. Des défis, visant la production apicole et avicole, sont dans la mire. 

« Le coffre à outils de l’Université est bien rempli, dit le chargé de projet. Il y a beaucoup d’expertises, comme celle de Catherine Véronneau, à mettre à profit. » 

Le CIAgricole travaille déjà de façon étroite avec le Cégep de Sherbrooke et le Centre de formation professionnelle de Coaticook. Avec cette collaboration pour la numérisation, l’automatisation et la robotisation, les projets seront également appelés à se multiplier avec l’institution universitaire, estime M. Lafortune. 

Ce nouveau volet technologique du CIAgricole profite d’un financement de l’Entente sectorielle de développement bioalimentaire en Estrie 2021-2026.