Horticulture 8 mai 2026

Les plantes comestibles populaires en aménagement paysager

Citoyens et collectivités sont à la recherche de plantes comestibles à intégrer dans leurs aménagements paysagers. Guillaume Pelland, fondateur de Paysage gourmand, constate une croissance du phénomène depuis une dizaine d’années.

Dans sa pépinière de Rawdon, l’horticulteur et ses dix employés multiplient les plants de vivaces comestibles. Ils conçoivent et réalisent des aménagements paysagers, dont les différents éléments, fruits, fleurs, herbes, peuvent être récoltés par les humains ou dévorés par les oiseaux et les écureuils.

L’horticulteur et paysagiste Guillaume Pelland conçoit des aménagements paysagers à partir de plantes comestibles.
L’horticulteur et paysagiste Guillaume Pelland conçoit des aménagements paysagers à partir de plantes comestibles.

« On fait le lien entre l’esthétique ornementale et le nourricier. Les gens ont différents objectifs. Certains veulent être complètement autosuffisants du côté alimentaire; d’autres souhaitent un entretien minimal. On les accompagne là-dedans », dit ce pionnier de l’aménagement paysager comestible au Québec.

Quand il a fondé son entreprise en 2013, l’horticulteur dit n’avoir pas eu le choix de se partir une pépinière. « Il n’y avait pas assez de plantes comestibles vivaces sur le marché. Aujourd’hui, ça s’est multiplié. » Les citoyens sont mieux informés et cherchent des plantes en particulier.

Du côté des municipalités, on voit se multiplier les forêts et parcs nourriciers. Il y a vraiment un mouvement en ce sens.

Guillaume Pelland

La controverse ayant mené, en 2013, un couple de Drummondville à se battre pour pouvoir cultiver son potager devant sa maison est maintenant chose du passé. « À cause de cette histoire, les gens me demandent parfois si c’est légal de mettre des plantes comestibles en façade. Je leur réponds que je ne vois pas comment une municipalité pourrait interdire à un citoyen de mettre un pommier devant chez lui. Bien sûr, il faut gérer où les pommes vont tomber et s’assurer que ça ne dérangera personne », explique-t-il.

Un phénomène de mode

Il arrive que certaines plantes deviennent tout à coup très démandées, mais chez Paysage gourmand, on dit privilégier la satisfaction du client à long terme. « Cette année, tout le monde veut du pawpaw, illustre Guillaume Pelland. L’asiminier trilobé [son nom scientifique], on le teste ici depuis quelques années, mais chaque hiver, le bout de ses branches gèle. Si quelqu’un en veut, je vais lui en vendre, mais je ne ferai pas de promesses. Je veux offrir à mes clients des aménagements pérennes et résilients. »

Les paysagistes utilisent de plus en plus les plantes comme solution au drainage de l’eau ou frein à l’érosion. Les aménagements paysagers comestibles peuvent avoir plusieurs fonctions et, à l’exception de la récolte, ne demandent pas plus de travail que des aménagements à vocation purement esthétique.

« On mise beaucoup sur les vivaces. Une fois installées, c’est très peu d’entretien. Certaines municipalités rationnent l’eau durant les canicules, alors c’est une raison de plus pour privilégier les vivaces, qui, une fois établies, n’ont pratiquement pas besoin d’arrosage », renchérit celui qui donne également des conférences sur le sujet un peu partout au Québec.

Le fondateur de Paysage gourmand pense que la tendance est là pour perdurer et poursuit ses recherches pour trouver de nouvelles plantes comestibles. « On a encore beaucoup de savoirs ancestraux à redécouvrir et de plantes qu’il faut se réapproprier. »