Photo : Archives / TCN
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S'abonner maintenantLe retour à la Maison-Blanche de Donald Trump risque de provoquer de fortes turbulences sur le marché mondial du soya, selon Soy Canada qui craint un fort recul du marché chinois dans les prochains mois.
« La plus importante chose à comprendre pour les producteurs de soya en 2025, c’est l’incertitude provoquée sur le marché global par la situation politique américaine », indique Brian Innes, directeur général de l’association canadienne.
« Tout ce qui surviendra entre les États-Unis, la Chine, l’Europe et le Canada aura des répercussions sur la demande mondiale pour le soya canadien », poursuit-il en rappelant la fermeture complète du marché chinois en 2018 et en 2019 à la suite d’une crise diplomatique.

L’impact de tensions commerciales sino-américaines se ferait ressentir également par le Canada sur les autres marchés de la région indopacifique, souligne M. Innes.
Nos exportations sont vraiment influencées par les États-Unis parce que nous récoltons notre soya à la même saison.
Le marché indopacifique
Face à ces incertitudes, Soy Canada entend consacrer une grande part de ses efforts de promotion dans les marchés asiatiques en raison de leur fort potentiel de croissance.
« La demande pour le soya, notamment pour le soya canadien, va s’accroître beaucoup dans ces pays dans les prochaines années », affirme Brian Innes, tout en précisant que les importations européennes représentent toujours une valeur sûre à ses yeux. « L’Union européenne est considérée comme un marché stable et de haute valeur. »
Le Canada a annoncé la conclusion d’un accord de libre-échange avec l’Indonésie en novembre dernier. Il sera mis en application dès son adoption par les deux gouvernements. « Avec la situation actuelle à Ottawa, cela prendra un peu de temps », déplore M. Innes.
« Cette entente garantira l’absence des tarifs. Elle est très importante pour créer une stabilité de nos exploitations vers ce marché en croissance depuis plusieurs années », argue le directeur général qui accompagnera des producteurs et des exportateurs au cours d’une mission commerciale dans ce pays, ce mois-ci.
Qualité certifiée
C’est avec la perspective de rassurer les marchés internationaux, notamment asiatiques, que Soy Canada s’est associé à la Commission canadienne des grains pour la reconduite du Programme canadien de qualité du soya.
« Ce programme est surtout important pour rassurer les marchés comme le Japon », affirme M. Innes.
« S’ils le pouvaient, les producteurs japonais continueraient d’utiliser les mêmes variétés pendant des années. Mais ils savent très bien qu’ils ont besoin des nouvelles variétés pour avoir des rendements plus élevés, ainsi que pour bénéficier d’une résilience face aux stress météorologiques, aux maladies et aux autres pressions agroéconomiques. Ce programme est un bon outil pour garantir la qualité de ce qu’on produit », poursuit-il.
Récolte record
Les producteurs canadiens ont réalisé une récolte record en 2024. Le Québec a notamment produit plus de soya que jamais (1,39 million de tonnes), soit une augmentation de 9 % par rapport à l’année précédente. La récolte de 2023 constituait le précédent record.
Cette performance est attribuable non seulement à une météo estivale favorable et à l’introduction de nouvelles variétés, mais surtout au savoir-faire des producteurs et des fournisseurs de semences, conclut Brian Innes.