Trois ans après la fermeture inopinée de la Fromagerie Les Folies Bergères, Marguerite Paradis s’apprête finalement à tourner la page, avec la vente de ses équipements. Photo : Facebook/Fromagerie Les Folies Bergères
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S'abonner maintenantAprès avoir dû fermer sa fromagerie à la suite d’un délit de fuite ayant gravement blessé son conjoint et responsable du troupeau de brebis laitières, Marguerite Paradis nourrissait l’espoir de voir ses équipements reprendre vie entre les mains d’une entrepreneure de la relève en Outaouais. Le projet n’ayant pas vu le jour, elle est aujourd’hui prête à tourner la page.

Marguerite Paradis, de la Fromagerie Les Folies Bergères, à Saint-Sixte, une petite localité de la MRC de Pontiac, en Outaouais, a été patiente. Elle a attendu trois ans – ses premières discussions avec la jeune entrepreneure remontent à mai 2023 – avant de se résoudre à vendre ses équipements à la pièce.
Trois ans plus tard, son projet ne lève pas. Il y a zéro soutien pour les jeunes qui veulent se partir [une entreprise]. Il y a toujours de nouvelles exigences à cause du risque. C’est difficile, l’agriculture! Et c’est plate pour la région, parce qu’elle voulait ouvrir sa fromagerie dans le Pontiac.
Marguerite Paradis a donc récemment mis en vente les équipements des Folies Bergères sur les réseaux sociaux, en offrant la possibilité de les acquérir en lot ou à l’unité. Plusieurs personnes ont manifesté de l’intérêt, dit-elle.

Fin abrupte
La vie de Marguerite Paradis et de Christian Girard a basculé le 24 décembre 2022, après que celui-ci ait été victime d’un délit de fuite qui l’a plongé un mois dans le coma et gardé trois mois à l’hôpital. Trois ans plus tard, il n’est pas totalement remis et doit subir de nouvelles chirurgies.
Incapable de poursuivre les activités de la fromagerie tout en veillant aux soins du troupeau de quelque 150 brebis laitières, Mme Paradis a rapidement pris la décision de fermer l’entreprise et de vendre les animaux, à la suite de l’accident.

Selon la fromagère, le couple, qui s’est lancé dans l’agriculture après avoir fait carrière dans le secteur militaire (elle comme officier de logistique, lui comme officier d’infanterie), a été le premier à accueillir des brebis laitières en Outaouais en 1999.
La fromagerie, sous inspection fédérale et couronnée d’un prix Caseus, a ouvert ses portes en 2009. Elle proposait une gamme de produits fabriqués par Mme Paradis à partir du lait des brebis de la ferme, dont le halloumi, la feta et le camembert. La fromagerie transformait également du lait de chèvre et de vache, notamment pour la production de fromage en grains.

« On était vraiment une fromagerie de renom dans notre région, dit-elle. On n’essayait même pas de vendre en dehors de l’Outaouais. On disait aux gens de venir nous voir ici. On a même gagné un prix en tourisme », explique Mme Paradis, qui a notamment vu son entreprise remporter le prix argent dans la catégorie Agrotourisme et produits régionaux, en 2013, aux Grands prix du tourisme québécois.
Bien que ses brebis lui manquent encore, le couple a eu le temps de faire le deuil de son entreprise. Malgré tout, il aurait aimé que ses équipements contribuent au démarrage d’une nouvelle entreprise dans sa région. « Ça aurait été super, lance Mme Paradis. Une fromagerie, c’est une locomotive pour l’économie. »