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S'abonner maintenantLa forte majoration de 45 % des tarifs douaniers par Donald Trump sur le bois de construction canadien, de même que le ralentissement des mises en chantier de construction aux États-Unis, ont fini par avoir une incidence : des usines de sciage du Québec ont fermé, tandis que d’autres ont annoncé dernièrement qu’elles réduisaient la cadence de leur production, comme Domtar, de 20 %, et Groupe Lebel, de 25 %. Le tout sans oublier la faillite récente de la papetière F.F. Soucy de Rivière-du-Loup.
« Il y a beaucoup de clignotants jaunes, voir rouges qui s’allument. Depuis sept ou huit ans, [la forêt privée] vendait plus de six millions de mètres cubes de bois, en majorité du bois de sciage. Pour 2025, on devrait baisser de 5 % et passer sous les 6 Mm3, et pour 2026, peut-être baisser d’un autre 10 %. Les prix du bois, qui avaient commencé à retraiter en 2023 et 2024, ont baissé en 2025 et vont probablement encore baisser en 2026. Ça va devenir problématique », dépeint Vincent Miville, directeur général de la Fédération des producteurs forestiers du Québec. Ce dernier souligne qu’une baisse de la mise en marché de 10 ou 15 % ne semble pas énorme, mais l’effet devient très marqué pour les localités lorsqu’une usine ferme et qu’elle était la seule à acheter du bois. « Les producteurs vivent des crises dans ces régions », dit M. Miville. Ce dernier stipule que dans des régions qui comptent plusieurs usines, la fermeture de l’une d’elles ou la baisse de la production diminue le pouvoir de négociation des producteurs, entraînant donc une baisse de prix. « Même des régions comme la Mauricie et le Centre-du-Québec, où de bonnes conditions [de vente de bois] semblent se maintenir plus longtemps, n’échapperont pas à 2026 », anticipe-t-il. Les producteurs de la forêt privée ont énormément de bois en stock, remarque M. Miville, et les conditions de marché actuelles commandent d’être prudent avant de couper, et de contacter le syndicat régional pour savoir si les usines peuvent refuser subitement des livraisons ou diminuer les prix.
Certaines usines ont indiqué qu’elles pourraient laisser le bois des producteurs sur le bord du chemin jusqu’au mois de mai.
Comme en 2009?
Le déclin de la demande de bois se traduira-t-il par un cycle baissier comparable à celui de 2009, où la faiblesse du marché avait fait diminuer de moitié les livraisons à 2,8 Mm3 après avoir enregistré un pic de 6,8 Mm3 en 1999? « J’aimerais ça dire qu’on ne rentre pas dans un cycle baissier de plusieurs années. Mais on vit tellement dans une situation irrationnelle [avec les décisions du président Trump]. Est-ce que la guerre commerciale se poursuivra, est-ce que d’autres choses déraperont dans le monde? À l’inverse, si le gouvernement américain baisse les taux d’intérêt et fait augmenter la construction, ça pourrait rétablir la situation dans 12 à 18 mois et faire rouvrir des usines », résume Vincent Miville.