La ferme Champimignons reprend ses activités après un incendie

LAVAL – Complètement détruite par un incendie survenu en juin 2025, la ferme Champimignons, à Laval, a repris ses activités sur une terre agricole du quartier Saint-François, loin du parc industriel où elle faisait pousser ses champignons depuis quatre ans.

« On a commencé dans notre résidence en 2018, puis on a déménagé, en 2021, dans le quartier industriel. Maintenant, on se retrouve ici, sur une terre, au bord de la rivière des Mille Îles. C’est Champimignons version 3.0! » lance Annie Fournier, fondatrice de l’entreprise avec son conjoint, Peter Wettlaufer.

Après l’incendie qui a ravagé leur ferme urbaine dans la nuit du 8 juillet 2025, leur préoccupation était de se relocaliser pour continuer leurs activités. La terre qu’ils ont trouvée en location est l’une des plus anciennes de l’île Jésus. 

Dans le bâtiment central, ils ont rapidement aménagé une boutique pour vendre leurs produits et relancer leur culture de champignons, certifiés biologiques. 

Fin janvier, c’était notre première semaine de récolte, avec 371 livres de champignons. On a recommencé à livrer à nos clients restaurateurs et les gens viennent sur place en chercher.

Annie Fournier

Aidés de leurs fils Brandon et William, âgés de 20 ans et de 23 ans, tous deux copropriétaires avec leurs parents, Peter Wettlaufer et Annie Fournier cultivent plusieurs sortes de champignons, dont des crinières de lion et différentes variétés de pleurotes.

Contrôler le processus

La première étape se passe dans un laboratoire, où les souches de champignons sont inoculées sur des grains de seigle. 

Ce mélange est ensuite transféré dans des sacs remplis d’un substrat constitué d’écailles de soya et de granules de bois, au préalable stérilisé pour éviter tout pathogène. Le mycélium, ­appareil ­végétatif des champignons, pourra ensuite s’y développer.

« On fait tout de A à Z, contrairement à d’autres qui vont acheter les sacs déjà tout montés. Pour moi, c’est une façon de vraiment contrôler la qualité », explique Peter Wettlaufer.

Il faut environ huit semaines pour voir apparaître les champignons, selon la variété.

Pour le moment, l’espace disponible est plutôt restreint et la culture des champignons est limitée à une surface de 1 500 pieds carrés.

« Dans la bâtisse qui a brûlé, on avait 10 000 pieds carrés, ce qui nous permettait de produire 2 500 livres de champignons par semaine, à plein régime. Si les assurances finissent par nous dédommager pour l’incendie, on aimerait pouvoir agrandir et retrouver la superficie qu’on avait avant », dit M. Wettlaufer.

Un autre projet anime les propriétaires de la ferme Champimignons. « Notre idéal serait de fonctionner en économie circulaire. Il y a beaucoup de glaise dans le champ derrière, alors on aimerait améliorer le sol en compostant nos sacs de culture », souligne Mme Fournier.

L’objectif ultime? « On utilise 10 tonnes de seigle et de soya par année pour faire pousser nos champignons, mentionne son conjoint. Si on pouvait les cultiver nous-mêmes en bio, ça serait encore mieux. Pour ça, il faudra un gros investissement pour drainer la terre, alors on attend juste de connaître le tracé du futur TGV pour être certains que la propriété ne sera pas expropriée. »