Les représentants d’AquaBoréal, Eduardo Kipreos, Léopold Landry et Nicolas Cox, ont récemment rencontré le ministre de l’Agriculture du Québec, Donald Martel, au Boston Seafood Show. Photo : Gracieuseté d’AquaBoréal
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S'abonner maintenantTout semble se mettre en place afin que Baie-Trinité, sur la Côte-Nord, accueille le projet d’aquaculture terrestre de l’entreprise AquaBoréal. Une étape importante a été franchie avec le dépôt et la publication récente du décret ministériel autorisant la poursuite du projet. Les coûts de la première phase sont estimés à 500 M$.
« C’est la confirmation que le projet est possible au Québec avec les paramètres qu’on a soumis. Comme pour tous projets, il y aura d’autres permis à demander. Mais ce feu vert nous offre plusieurs leviers, dont financiers », affirme le porte-parole du projet, Philippe St-Jean, qui œuvre pour la firme de services-conseils Agro Québec.
Concrètement, AquaBoréal vise à élever en bassins — l’aquaculture en mer est interdite au Québec — des saumons qu’elle qualifie de « plus verts au monde », avec de l’eau puisée à même le golfe du Saint-Laurent. Les installations seront dotées d’une technologie propre de filtration et de recirculation des eaux d’élevage. « Baie-Trinité a une des meilleures eaux au monde en termes de salinité et de qualité pour produire du saumon », dit le porte-parole.
Défi
Prévu en deux phases, le projet a reçu le feu vert du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) à l’automne 2025. La première phase prévoit une capacité annuelle de production de 10 000 tonnes pour les marchés québécois et canadiens.
À terme, les investissements pourraient avoisiner 1 G$ et permettre la production annuelle de 30 000 tonnes de saumon.
Si tout se déroule comme prévu, ce sera le premier élevage de saumon de ce type au Québec.
C’est une nouvelle industrie en émergence. Il n’y en a pas actuellement. Tout ce qu’on mange est importé. Il y a un déficit commercial de 500 000 tonnes en Amérique du Nord.
L’un des défis de l’élevage de saumon est qu’il faut patienter 18 mois pour passer du stade de l’œuf à une taille « commerciale », note M. St-Jean. Le projet aura toutefois, dit-il, l’avantage de favoriser l’autonomie alimentaire du Québec.
Partenaires
Le projet doit voir le jour sur le terrain d’une ancienne scierie. Présidée et cofondée par Léopold Landry, AquaBoréal compte parmi ses investisseurs une entreprise chilienne, Altamar, spécialisée dans la production de saumon. Celle-ci souhaite ainsi se rapprocher du marché nord-américain.
La participation financière du gouvernement du Québec est également souhaitée, mais aucune annonce, en ce sens, n’a été faite. AquaBoréal a néanmoins bénéficié d’un appui de 500 000 $ l’an dernier dans le cadre des démarches préliminaires.
L’entreprise profite d’une préautorisation pour un bloc d’électricité. Dans un monde idéal, selon M. St-Jean, la construction des infrastructures commencera l’an prochain et les premiers saumons d’élevage de Baie-Trinité seront commercialisés à partir de 2029.