En plus des traditionnels repas du temps des sucres et de la tire sur neige, Steve Jalbert développe avec son frère Dany une panoplie d’activités destinées à faire connaître l’érable à La Cabane du Ravage. Photo : Martin Ménard/TCN
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S'abonner maintenantPOHÉNÉGAMOOK – L’agrotourisme de l’érable se caractérise généralement par de grandes salles de réception servant des fèves au lard et des oreilles de crisse. Certaines érablières font un pas de plus en profitant de la présence de visiteurs pour expliquer la production moderne de sirop d’érable tout les initiant aux nombreuses possibilités gastronomiques découlant du sirop.
La Cabane du Ravage, dans le Bas-Saint-Laurent, porte bien son nom. Il a fallu demander à trois cerfs de Virginie de s’enlever du chemin pour terminer le trajet! Une fois sur place, La Terre s’est retrouvée parmi une centaine de visiteurs – des familles, des groupes d’employés, des touristes – venus y découvrir l’érable. « C’est une saison au-delà de nos attentes. Les fins de semaine, ça se remplit bien plein de monde. On en refuse », dit le copropriétaire Steve Jalbert à propos de ses activités d’agrotourisme démarrées l’an dernier.

« Des érablières qui reçoivent du monde, il n’y en a plus beaucoup. Pour nous, faire connaître l’érable, c’est une satisfaction. Les gens arrivent ici; ils nous posent des questions. On leur recommande notre sentier d’interprétation, qui explique les bienfaits de l’érable et les méthodes pour produire le sirop d’hier à aujourd’hui. Les touristes ne savent pas ça, et au Bas-Saint-Laurent, nous avons aussi beaucoup de nouveaux arrivants qui viennent de la ville et ne connaissaient pas la production
de sirop. »
L’érablière de 12 800 entailles et ses infrastructures pour y accueillir les visiteurs ont nécessité des investissements de 1,2 M$ et d’innombrables heures de travail. D’autres projets sont à venir.
Le Walt Disney de l’érable
Les frères Jalbert veulent augmenter l’attractivité de leur sentier d’interprétation de l’érable et en faire une destination quatre saisons. L’ancienne cabane à sucre sera ainsi transformée pour y intégrer des effets spéciaux qui feront revivre le bouillage du sirop sur un évaporateur alimenté par feu de bois. « Ce sera notre Walt Disney de l’érable. On va s’arranger pour faire vibrer et shaker l’évaporateur comme s’il fonctionnait pour vrai. On va pousser de la chaleur vers les gens avec des brûleurs au propane. Il y aura aussi des projections et on présentera des artéfacts de l’érable, comme de vrais chalumeaux utilisés anciennement et fabriqués avec des os », détaille celui qui a acheté l’érablière avec son frère Dany, quelques décennies après qu’ils aient été initiés à la passion des sucres à la petite cabane de leur grand-père.
Steve espère obtenir le même succès auprès des visiteurs qu’avec sa dernière attraction : une glissade sur neige avec remontée mécanisée. « La demande pour venir glisser a explosé cette année. La glissade nous amène beaucoup de groupes scolaires. Des Européens aussi sont venus glisser », dit-il. Idem pour ses repas de cabane, démarrés l’an dernier, qui affichent complet jusqu’à la fin avril.
Traiteur à la rescousse
Les repas à la cabane sont réputés pour être exigeants pour la main-d’œuvre et la rentabilité peut être laborieuse. « Le markup n’est pas élevé avec la nourriture, reconnaît l’acériculteur, mais on fonctionne avec un service de traiteur pour presque 80 % de nos repas. On sait donc ce qu’ils nous coûtent, et avec le coût de nos employés, on est capables d’établir un prix qui ne sera pas exagéré pour le client. La plupart des gens vont faire des emplettes après le repas, que ce soit du sirop, des chips de pomme à l’érable, les fondants à l‘érable au chocolat que nous avons développés. Ça finit donc par s’équilibrer. »
Le lac Pohénégamook, pratiquement au pied de l’érablière, amène son lot de touristes au cours de la période estivale. Les frères Jalbert prévoient construire de l’hébergement afin que l’érablière soit fréquentée toute l’année.
Au bout de notre développement, on aimerait ça runner la cabane à l’année et produire nos produits à l’érable signatures même l’été.
Son autre souhait serait de faire de l’agrotourisme croisé, c’est-à-dire de collaborer avec des restaurants et des attractions touristiques locales afin de propulser l’érable. Déjà, un restaurant concocte un plat avec la vinaigrette à l’érable des deux frères. De leur côté, ils incorporent dans l’un de leurs produits vedettes, une fondue à l’érable, une larme de Charles-Aimé Robert, un spiritueux produit par une autre érablière du Bas-Saint-Laurent.
Au cours des prochaines semaines, les frères Dany et Steve Jalbert mettront le cap sur Fermont, afin d’y travailler comme opérateurs de machinerie lourde. Entre deux quarts de travail de 14 jours sur la Côte-Nord, ils reviendront améliorer leur érablière avec la volonté de parvenir à y travailler 365 jours par année dans l’agrotourisme et les produits de l’érable.