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La recherche et le glyphosate

Le texte Pesticides et phosphore : un risque méconnu publié le 10 mars dans la rubrique De l’école à la terre a suscité plusieurs réactions. Des précisions s’imposent.

Après discussion avec des confrères et des consœurs agronomes ferrés en production végétale, nous avons été à même de réaliser, à la suite d’un calcul rapide, qu’une application de 2 000 g de glyphosate acide (environ 3,7 L de 540 g/L) par hectare, une dose très élevée (qui n’est d’ailleurs pas une recommandation d’utilisation), ajoute 364 g de phosphore (P) ou 840 g de phosphate (P2O5). Avec une dose moyenne de 2,5 à 3 L/ha, on arrive à 243 g de P/ha, soit 556 g de P2O5/ha. Ce n’est certainement pas ça qui va faire exploser le bilan P ou contribuer de façon importante à la contamination des cours d’eau.

Cependant, si le texte exagère l’importance de l’apport de P par le glyphosate, j’aimerais souligner quelques faits importants apportés par la chercheure. D’abord, elle confirme l’importance des bandes riveraines pour limiter l’érosion, un fait connu depuis longtemps et même sous législation depuis les années 1980.

Elle souligne également qu’un meilleur soutien gouvernemental est essentiel pour aider les producteurs à prendre un virage vert, point qui s’est d’ailleurs retrouvé dans le dernier budget du gouvernement à hauteur de 25 M$ par an (page 64 section B32 du budget provincial pour les curieux).

La réalité des agriculteurs et la compétitivité de nos entreprises agricoles sont des points fondamentaux sur lesquels la chercheure s’attarde, et je suis entièrement d’accord avec elle sur cette partie du texte : non seulement nos producteurs font partie de la solution, mais ils sont aussi partie prenante de la gestion de notre écosystème et en prennent grand soin. C’est pourquoi il est important de s’attarder aux vrais enjeux en matière de pollution sans mettre de pression indue où ce n’est pas nécessaire.

Pascal Thériault, agr., M.Sc.


Pour lire le texte original,  Pesticides et phosphore : un risque méconnu, publié dans l’édition de La Terre de chez nous du 4 mars, cliquez ici.