fbpx
Il n’existe actuellement aucun traitement ni aucune méthode préventive empêchant efficacement la contamination de la viande de poulet ou des œufs par la bactérie Salmonella enteritidis. Crédit photo: Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal

Il n’existe actuellement aucun traitement ni aucune méthode préventive empêchant efficacement la contamination de la viande de poulet ou des œufs par la bactérie Salmonella enteritidis. Crédit photo: Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal

Étude sur l’efficacité d’un nouveau vaccin in ovo contre la Salmonella enteritidis

Il est bien connu que la consommation d’œufs est une source possible de toxi-infection alimentaire à Salmonella enteritidis (SE), mais l’ingestion de viande de poulet peut aussi être considérée comme un facteur de risque important. Il n’existe actuellement aucun traitement ni aucune méthode préventive empêchant efficacement la contamination de la viande ou des œufs par cette bactérie. 

La vaccination est une approche intéressante afin de prévenir la contamination par SE chez les poules pondeuses, de reproduction et les poulets de chair. Par contre, les études menées par la Chaire en recherche avicole ont démontré que les vaccins commerciaux offerts actuellement n’étaient pas protecteurs, c’est-à-dire qu’ils n’empêchaient pas la contamination de l’oiseau et de ses œufs.

La démonstration a été faite que des protéines sélectionnées de SE étaient immunogènes, à savoir qu’elles stimulaient une réponse immunitaire lorsqu’elles étaient injectées par voie intramusculaire à des poules pondeuses et que des anticorps contre ces protéines étaient présents dans leur sang ainsi que dans leurs œufs. 

Objectifs des recherches

Les objectifs de la Chaire en recherche avicole étaient de vérifier si :

  • la vaccination in ovo et la revaccination par voie intracloacale avec ces protéines immunogènes protègent les poussins et préviennent la contamination lors d’infections expérimentales à SE;
  • l’administration de poudre d’œuf contenant des anticorps spécifiques contre des protéines immunogènes de SE protège les poules pondeuses et prévient la contamination des œufs lors d’infections expérimentales à SE. 

Pour vérifier le premier objectif, la Chaire en recherche avicole a produit des protéines immunogènes de SE et des vésicules de la membrane externe de cette bactérie, qui ont été administrées in ovo et par voie intracloacale à un jour de vie. Les poussins ont par la suite été infectés. 

Pour vérifier le second objectif, de la poudre d’œufs contenant des anticorps contre des protéines de SE a été lyophilisée et encapsulée avant d’être ajoutée à l’aliment. Cette poudre a été administrée à des poules infectées à SE avant et pendant l’infection. 

Pas les résultats escomptés

Malheureusement, les conditions expérimentales n’ont pas permis de démontrer l’efficacité de ces produits dans la réduction de l’excrétion et de la charge bactérienne des poussins et des poules après infection à SE. 

Les voies in ovo et intracloacales utilisées n’ont pas donné les résultats escomptés et il serait intéressant d’explorer d’autres avenues. La poudre de jaune d’œuf a été encapsulée, mais il est possible que les anticorps n’aient pas été libérés dans l’intestin des oiseaux. 

Les résultats obtenus démontrent donc que les recherches doivent être poursuivies afin de déterminer les conditions optimales qui permettraient l’utilisation de protéines immunogènes ou de poudre d’œuf contenant des anticorps comme additif alimentaire pour protéger les oiseaux lors d’infections à SE. 

Des méthodes dont l’efficacité reste à prouver

L’injection de protéines et de vésicules de la membrane externe de Salmonella enteritidis dans des œufs de poussins et l’administration à des poules pondeuses de poudre d’œuf contenant des anticorps contre cette bactérie n’ont pas permis de démontrer que ces produits réduisent de façon efficace l’excrétion et la charge bactérienne après une infection.

Dre Martine Boulianne, M.v., Ph.D., DACPV
Chaire en recherche avicole à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal