Des maraîchers et des maraîchères biologiques multiplient les initiatives pour familiariser les consommateurs avec leurs produits, comme Na-Ovalie Labelle et Jeanne Picard, de la Ferme aux petits oignons, qui ont donné des ateliers culinaires cet été. Photo : Gracieuseté de la Ferme aux petits oignons
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S'abonner maintenantEn pleine récolte de cantaloups, la ferme maraîchère La Récolte des Cantons a lancé sur sa page Facebook une vidéo dans lequel le propriétaire et sa complice invitaient les gens à soumettre des recettes mettant ce melon en vedette, une façon de susciter l’intérêt des consommateurs.
« C’est une bonne astuce pour se faire connaître, car les gens partagent la publication ou nomment des amis qui ont des recettes. Ensuite, les gens ont tendance à acheter le produit pour reproduire les recettes », explique Charlie Laporto, une employée qui s’occupe du kiosque de cette ferme située à Bromont en Estrie. Elle qui est aussi assignée aux ventes lors des marchés publics mentionne que les clients ne savent pas toujours comment cuisiner les fruits et légumes locaux.
On avait beaucoup de courges Delicata; les gens se demandaient quoi faire avec ça. Mon boss leur conseillait de les couper en quartiers, de mettre des épices pour en faire des frites et même une poutine aux courges. Quand tu expliques aux gens, ils en achètent plus.
Le « boss » en question, Benjamin Chabot, copropriétaire de la ferme, ajoute un autre exemple. « On a fait un vidéo où on testait une salsa verde [faite à partir de tomates vertes], et on a vu des gens venir au kiosque pour dire qu’ils avaient vu la vidéo et acheter des tomates vertes. Ce genre de vidéo a aussi l’effet de démocratiser ce que nous faisons à la ferme, d’expliquer comment nous cultivons nos légumes, comment ils peuvent les employer. Après, les gens sont contents de venir nous encourager », dit-il.

Changer les habitudes alimentaires
Même son de cloche du côté de Véronique Bouchard, directrice générale de la Ferme aux petits oignons, qui souligne l’importance de mettre en place des ateliers culinaires et d’impliquer les consommateurs. « Pour que les gens mangent plus de produits locaux, il faut changer les habitudes alimentaires en leur montrant quoi faire avec les légumes que nous produisons localement. C’est comme pour le gingembre frais; il faut les outiller pour qu’ils sachent comment le congeler », argue-t-elle.
Cette année, à la Ferme aux petits oignons, des ateliers culinaires ont été offerts par deux membres de l’équipe, Jeanne Picard et Na-Ovalie Labelle. Au nombre de 16, ces ateliers ont été ouverts aux clients de la ferme, mais aussi à la clientèle d’organismes communautaires œuvrant pour les familles et la sécurité alimentaire, explique Véronique Bouchard. La ferme a par ailleurs reçu à ce titre une aide financière de la part du Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides.

« Ce sont des ateliers de résilience alimentaire. On a eu une subvention pour ça, car on invite les gens à transformer et congeler et à faire de la lactofermentation. Ils peuvent ainsi profiter des périodes d’abondance des légumes frais et des produits déclassés pour faire des réserves », explique-t-elle.
La vague d’achat local n’a pas frappé les abonnements aux paniers
Véronique de Broin et plusieurs autres fermiers et fermières de famille s’attendaient à ce que la montée de l’achat local déclenchée par la guerre commerciale de Donald Trump entraîne une hausse du nombre d’abonnements aux paniers de légumes pour la saison 2025, mais ça n’a pas été le cas, dit-elle. « On sentait au début un engouement qui a finalement été plus dans les médias qu’autre chose. On est loin de l’engouement qu’on avait connu dans la COVID pour les paniers. Ici, nous sommes exactement au même point que l’an dernier, sans hausse, sans baisse du nombre d’abonnements », indique celle qui est cogestionnaire de la Coopérative Les Jardins de Tessa à Frelighsburg, en Estrie.

Elle qui est également secrétaire du conseil d’administration au Réseau des fermiers·ères de famille indique que les chiffres sont semblables pour l’ensemble des fermes du réseau. « Les abonnements des citoyens aux paniers bio en 2025 sont stables par rapport à 2024 », rapporte-t-elle, précisant que cette stabilité semble au moins mettre fin à la baisse marquée des abonnements des années post-pandémie, 2022 et 2023.
Si les abonnements n’ont pas connu une hausse marquée, Mme de Broin apporte la nuance que les ventes de ses légumes bio dans les marchés publics ont été plus élevées qu’à l’habitude. Même constat de Charlie Laporto, de la ferme maraîchère La Récolte des Cantons, qui affirme que les ventes à la boutique et aux marchés publics semblent avoir connu une légère augmentation. « La situation avec les États-Unis a eu un impact sur nos ventes. Les gens achètent un peu plus de produits locaux et ils en parlent dans les marchés », conclut Mme Laporto.