Dans la nouvelle usine de conditionnement d’Agri-Fusion, Éric Brochu explique que le haricot sec bio et plusieurs autres types de légumineuses ou de grains seront traités de sorte qu’ils pourront être vendus directement sur des marchés qui se rapprochent des consommateurs. Photo : Gracieuseté d’Éric Brochu
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S'abonner maintenantLa ferme de grandes cultures biologiques Agri-Fusion vient de se faire construire une usine de 4,5 M$, où elle conditionnera et ensachera des légumineuses bio provenant de ses champs, mais aussi de ceux d’autres producteurs. Ce projet lui permettra de développer de nouveaux marchés, notamment pour ses haricots secs qu’elle sera capable de vendre tant à de gros transformateurs qu’à de plus petits acheteurs, tels des restaurants ou des épiceries de vrac.
« L’idée, c’est de l’amener du champ à l’assiette. Dans l’usine, on va retirer les impuretés, trier les grains malades et décolorés. On a aussi la capacité de les polir et de réduire les taches de terre. On va prendre le grain qui sort de terre et qui est moche et le rendre plus propre à la vente et à la consommation », précise Éric Brochu, directeur général de l’entreprise de Saint-Polycarpe, en Montérégie.
Actuellement, tout le haricot sec biologique qu’il cultive sur 130 hectares, par exemple, passe par un intermédiaire qui s’occupe du conditionnement, avant de se rendre à l’usine du transformateur Nortera pour la mise en conserve. Or, avec ses nouvelles installations, qui entreront en activité à la mi-octobre, Agri-Fusion pourra non seulement approvisionner Nortera directement et en grande quantité, sans passer par un intermédiaire, mais elle sera aussi capable de dénicher de nouveaux clients à qui elle pourra fournir des légumineuses préparées selon leurs critères et dans le format qui leur convient.
« On continuera de vendre en gros, mais on pourra aussi approvisionner en plus petits formats, par exemple à des commerces de détail pour la vente en vrac ou encore à des institutions. S’ils veulent 25 kilos par semaine de haricots rouges pour faire leur recette de chili pour leurs patients, [on pourra leur fournir] », illustre M. Brochu, qui voit ainsi une occasion de se diversifier et de ne plus dépendre d’un seul acheteur. Il précise qu’il ne réduira pas l’approvisionnement à Nortera, mais qu’il augmentera plutôt ses superficies de culture de sorte qu’il pourra fournir plusieurs acheteurs.
Convaincre d’autres producteurs d’embarquer
Avec la « vague végane », Éric Brochu voit un grand potentiel pour les haricots secs bio, notamment les haricots rouges, noirs et pintos, qui sont d’intéressantes protéines végétales à cuisiner en chili, dit-il. L’agriculteur observe une demande grandissante pour ce produit émergent, dont il maîtrise déjà la culture. D’où l’intérêt, selon lui, d’augmenter la production et de développer de nouveaux marchés.
On veut augmenter nos propres superficies de haricots secs, mais aussi convaincre des producteurs à côté d’en produire pour notre usine […] Ce n’est pas nécessairement facile de produire ça en biologique, mais nous, on en fait depuis plusieurs années. […] Agri-Fusion peut conseiller les producteurs, les aider à se lancer.

Réduire la dépendance au marché des grains
Le haricot sec est un exemple parmi tant d’autres de produits que pourra conditionner Agri-Fusion dans sa nouvelle usine. L’entreprise envisage aussi la préparation de pois chiches, de lentilles, de sarrasin, de céréales ou encore de soya bio, pour lesquels il existe aussi plusieurs marchés intéressants à explorer, selon le directeur général Éric Brochu. À terme, son objectif serait de réduire la dépendance de l’entreprise à la vente en gros volume de maïs-grain et de soya bio, qu’elle cultive actuellement sur plus de 1 500 hectares. L’idée serait de développer plus de marchés dédiés à la consommation humaine.
« C’est difficile de mettre en marché nos grains. Le prix a chuté. Le prix est chamboulé par ce qui se passe aux États-Unis. Il faut diversifier nos cultures et nos marchés. Faire du maïs, du soya et du blé, oui, ce sera toujours un bon scénario, mais diviser le risque avec d’autres cultures comme le haricot sec et intégrer ça dans nos plans de rotation va aider à diviser ce risque économique », fait-il valoir.