fbpx
Maggie Lamothe Boudreau conserve dans une même ruche 40 reines-abeilles qu’elle fait hiverner pour qu’elles soient disponibles tôt en saison. Photo : Gracieuseté de Maggie Lamothe Boudreau

Maggie Lamothe Boudreau conserve dans une même ruche 40 reines-abeilles qu’elle fait hiverner pour qu’elles soient disponibles tôt en saison. Photo : Gracieuseté de Maggie Lamothe Boudreau

Une apicultrice veut rendre le Québec plus autosuffisant en reines-abeilles

Dans le cadre d’un projet de maîtrise à l’Université Laval, Maggie Lamothe Boudreau documente la conservation des reines-abeilles l’hiver. Son but est de faire en sorte que les apiculteurs puissent en avoir à leur disposition dès mai et que le Québec soit plus autosuffisant.

Celle qui a commencé dans le métier en tant qu’agronome et agente de remplacement en apiculture a vite constaté un « manque flagrant » de reines-abeilles dans la province. Annuellement, environ 260 000 reines sont importées au Canada et ne sont pas toujours adaptées au climat québécois. Le problème s’est accru avec la pandémie puisque l’importation par avion a été plus compliquée et moins de reines-abeilles que prévu sont arrivées.

« Ça prend un mois à une ruche pour en produire. Au Québec, la saison dure trois mois. Sans reine, tu perds un mois et ça coupe du tiers ton revenu », relate l’apicultrice.

Les reines-abeilles sont placées dans une cage spéciale avant d’être déposées dans une ruche pour leur hivernation.

Les reines-abeilles sont placées dans une cage spéciale avant d’être déposées dans une ruche pour leur hivernation.

La résidente d’Irlande, dans Chaudière-Appalaches, s’est mise à la production de reines-abeilles avec des apiculteurs avant de lancer son entreprise Les Rayons de miel, en 2018. Dans la dernière année, cette passionnée en a vendu 4 500 et vise l’atteinte de 6 000 par année.

Pour l’instant, ses premières reines sont prêtes à la mi-juin. Les apiculteurs qui font la pollinisation en ont besoin dès le printemps. C’est en partie pour cela qu’elle teste l’hivernation des reines. Ça permet aussi de remplacer celles décédées durant l’hiver.

Amorcé en septembre 2020, en collaboration avec le Centre de recherche en sciences animales de Deschambault, son projet de maîtrise a déjà réussi l’étape d’hivernation. Des reines en sont ressorties avec de bonnes conditions, dont la taille et une spermathèque viable. Elles ont ensuite été placées dans des ruches pour voir leur viabilité. Les données seront ensuite étudiées et couchées sur papier.

« Les résultats du stockage semblent prometteurs. Là, il faut trouver les paramètres particuliers de la ruche qui sert au stockage, pour qu’elle ait une santé impeccable pour amener les 40 reines à terme », indique l’étudiante.

Un processus de 28 jours

La production de reines-abeilles comporte différentes étapes qui s’étalent sur une période d’environ 28 jours. L’apicultrice Maggie Lamothe Boudreau explique qu’elle sélectionne d’abord sa meilleure ruche et y prélève des larves femelles qui seront nourries à la gelée royale, une substance produite par les jeunes abeilles nourrices, jusqu’à ce qu’elle soit enfermée dans un alvéole par un opercule de cire (operculation). L’abeille est ensuite mise dans une cellule royale et dans une ruchette où des ouvrières en prendront soin. Ces dernières la pousseront à l’extérieur lorsque les conditions seront favorables à sa fécondation par un faux bourdon.