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Damien Allard et le plus gros de ses trois navets. Photo : Gilles Gagné

Damien Allard et le plus gros de ses trois navets. Photo : Gilles Gagné

Un navet de 29 kg fracasse le record mondial

SAINT-OMER – Au début novembre, un jardinier gaspésien, Damien Allard, a sorti de terre trois navets géants, dont un de 29 kg ayant fracassé par 12,2 kg le record mondial détenu depuis 2004 par un couple de l’Alaska. Deux autres navets récoltés le même jour pesaient respectivement 22,9 et 24,4 kg.

La quête de Damien Allard s’est amorcée en 2016 quand, en tant que jardinier autodidacte, il a obtenu sans effort particulier un navet de 6,4 kg. C’est là qu’est née l’idée, après vérifications dans le ­palmarès Guinness, de tenter de battre le record du monde, « en forçant la nature un petit peu », admet-il.

Ayant voyagé au cours des étés 2017 et 2018, il s’est lancé dans une première tentative en 2019 en récoltant un navet de 15,52 kg, à 2,2 kg du record. Cette année, il a augmenté de quelques crans l’attention accordée aux détails en bénéficiant au passage des conseils d’un ami agronome, Gérard Landry.

« J’ai commencé avec un terreau neuf, préparé l’an passé, engraissé de façon abusive avec 20 chaudières de 20 litres de compost, dans un jardin de trois pieds par 12. Le compost venait de l’hippodrome de Nouvelle, et il contenait des copeaux ­résineux, ce qui le rendait trop acide, mais j’ai mis de la chaux pour équilibrer le pH, et de l’urée pour activer le compost. Il fallait que la culture soit en terre. Je n’avais pas le droit de le faire en mode hydroponique », explique M. Allard.

La guerre aux limaces

Il s’est imposé une autre discipline rigoureuse pour contrer un parasite. « Tout au cours de l’été, le matin, j’ai couru après les limaces pour éviter qu’elles mangent les feuilles. J’ai enlevé les limaces à la main, quelques centaines au total. J’ai aussi mis deux sortes d’engrais soluble sur les feuilles, en alternance, tous les matins qu’il ne pleuvait pas », souligne cet ingénieur forestier à la retraite.

Damien Allard a dû s’adjoindre deux témoins officiels, dont l’agronome Germain Babin, de la Fédération de l’UPA de la Gaspésie-Les Îles, et une équipe pour vérifier chaque aspect technique requis pour que Guinness accepte d’homologuer le record. Deux personnes ont enregistré la pesée sur vidéo alors qu’une vétérinaire, Nicole Lépine, a supervisé chaque étape du protocole. « Pour que l’homologation ait des chances de fonctionner, il fallait que le témoin expert, un agronome, puisse certifier que c’était un navet; il fallait même y goûter », souligne Damien Allard.

Les témoins devaient s’assurer que le navet n’avait pas été lesté, avec du métal par exemple, en plus de vérifier, avec des poids précis, l’étalonnage de la balance certifiée.

Des mois d’attente

Damien Allard devra vraisemblablement être patient avant de recevoir des nouvelles de Guinness World Records. « L’attente peut être de l’ordre de cinq à six mois pour faire homologuer le record », mentionne-t-il.

Damien Allard abandonne avec ce record la culture spécifique du navet. « Je me retire. Est-ce que je vais essayer autre chose? Quand j’entreprends quelque chose, je vais jusqu’au bout. C’est presque un défaut. Demandez à ma mère et à ma blonde », dit-il en souriant. 

Gilles Gagné, collaboration spéciale