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L’entreprise de récupération Sanimax cessera d’offrir le service d’euthanasie locale à compter du 28 mai et ne ramassera plus les animaux qui ont été euthanasiés avec des injections aux barbituriques à compter du 3 septembre. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

L’entreprise de récupération Sanimax cessera d’offrir le service d’euthanasie locale à compter du 28 mai et ne ramassera plus les animaux qui ont été euthanasiés avec des injections aux barbituriques à compter du 3 septembre. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Sanimax change ses exigences pour le ramassage des animaux

L’entreprise Sanimax, principal récupérateur de carcasses d’animaux de ferme au Québec, cessera à compter du 3 septembre de ramasser les animaux euthanasiés par injection aux barbituriques, un puissant narcotique utilisé depuis longtemps par les vétérinaires. Elle explique que la présence de traces de ce médicament « nuit à la revalorisation de la matière récupérée », laquelle est souvent transformée en produits destinés à la consommation animale.

Jean-Yves Perreault

Jean-Yves Perreault

« Cette situation amène un enjeu assez important », réagit Jean-Yves Perreault, président de l’Association des médecins vétérinaires praticiens du Québec (AMVPQ). Car la majorité des euthanasies pour toutes les espèces animales se sont toujours faites avec les barbituriques, qui est une méthode très douce qui permet à l’animal de s’endormir sans souffrance », spécifie-t-il. Il ajoute que les vétérinaires sont, depuis de très nombreuses années, formés pour pratiquer les euthanasies avec ce produit.

L’AMVPQ a été informée par Sanimax de ce changement au début de l’année 2022. Elle évalue depuis les autres options possibles, avec la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal et certains groupes spécialisés d’éleveurs. « Ce pourrait être des médicaments préanesthésiques ou cardiotoxiques, spécifie M. Perreault, mais le nouveau médicament devra respecter différents critères comme le bien-être animal, en plus d’être accessible à coûts raisonnables », précise-t-il. Il anticipe malgré tout que le changement entraînera une hausse des frais chargés aux producteurs pour les euthanasies.

Fin du service d’euthanasie

Sanimax a également informé ses clients qu’il n’offrira plus, à compter du 28 mai, le service d’euthanasies à l’aide d’un percuteur, qui pouvait être réalisé par ses chauffeurs. « Cette méthode se révèle difficile à exécuter en raison des mouvements de l’animal et peut générer des enjeux de santé pour notre équipe », justifie l’entreprise de récupération dans une réponse envoyée par courriel à La Terre.

Selon les Producteurs de lait du Québec (PLQ), les effets de ces changements seront surtout financiers, puisque les éleveurs pourront quand même obtenir le service auprès de leur vétérinaire, « mais devront débourser un 100 à 150 $ environ par euthanasie qu’ils n’avaient pas à débourser parce que c’était inclus dans les services qu’ils recevaient de Sanimax », explique François Dumontier, directeur des communications aux PLQ.

D’après un sondage effectué par cette organisation de mars à mai 2019 auprès de 242 producteurs, environ 14 % d’entre eux avaient régulièrement recours au service d’euthanasie offert par Sanimax. L’entreprise pratiquait en moyenne cinq euthanasies par semaine, précisent les PLQ, ajoutant que des discussions sont en cours avec différents partenaires pour évaluer comment aider les producteurs touchés par les changements à faire face à la situation.

La directrice des affaires agroéconomiques des Producteurs de bovins du Québec, Nathalie Côté, indique pour sa part que très peu de leurs membres ont recours à ce service de Sanimax. Les Éleveurs de porcs du Québec précisent également que les changements ne les affecteront pas.