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Un outil de lecture de la fluorescence permet à l’équipe du conseiller scientifique Onil Samuel d’apercevoir les traces laissées par les pesticides sur les agriculteurs. Photo : INSPQ

Un outil de lecture de la fluorescence permet à l’équipe du conseiller scientifique Onil Samuel d’apercevoir les traces laissées par les pesticides sur les agriculteurs. Photo : INSPQ

Qui dit vrai au sujet des risques pour la santé?

Il faut lever un drapeau rouge au sujet de l’exposition des travailleurs agricoles aux glyphosates, affirme Onil Samuel, conseiller scientifique à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). De tels propos sont considérés comme « inacceptables » par le président de CropLife Canada, Pierre Petelle, qui s’appuie sur une déclaration de Santé Canada stipulant que les glyphosates ne posent pas de risques de cancer.

« Dans la littérature scientifique la plus récente, il y a de plus en plus d’indices comme quoi les glyphosates pourraient avoir des propriétés cancérigènes pour les travailleurs qui y sont exposés. Considérant que c’est un produit employé à outrance, il faut lever le drapeau rouge […] et arrêter d’utiliser le glyphosate comme si c’était un produit sécuritaire », explique Onil Samuel, responsable de l’équipe scientifique sur les pesticides depuis 2005 à l’INSPQ.

Pierre Petelle. Photo : CropLife

Pierre Petelle. Photo : CropLife

« Des experts internationaux disent que le Roundup n’est pas cancérigène. Alors quand quelqu’un du provincial, qui n’est pas un expert en pesticides, vient dire qu’il faut lever le drapeau rouge, ça me paraît inacceptable », mentionne Pierre Petelle, de l’organisme CropLife Canada, qui représente les entreprises qui vendent des produits de protection des cultures. M. Petelle cite la déclaration du 11 janvier 2019 de Santé Canada. « Aucun organisme de réglementation des pesticides dans le monde ne considère actuellement que le glyphosate présente un risque de cancer pour les humains, compte tenu des concentrations auxquelles ces derniers sont exposés », affirme Santé Canada sur son site Internet.

Onil Samuel reconnaît qu’il n’y a pas de preuves hors de tout doute concluant que le glyphosate est cancérigène. « Mais le risque zéro n’existe pas. Les producteurs devraient travailler en se protégeant », estime M. Samuel, qui a collaboré pendant quatre ans au groupe de travail européen sur l’évaluation de l’exposition des travailleurs agricoles aux pesticides. 

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