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Les militants végétaliens jouent la carte de l’émotion, souvent avec des photos « chocs », affirme la psychologue Pierrette Desrosiers. Ce cliché a été pris lors d’une vigile du Mouvement de libération contre l’exploitation animale devant l’Abattoir Ducharme, l’été dernier. Crédit photo : Roaslie Dion / Archives TCN

Les militants végétaliens jouent la carte de l’émotion, souvent avec des photos « chocs », affirme la psychologue Pierrette Desrosiers. Ce cliché a été pris lors d’une vigile du Mouvement de libération contre l’exploitation animale devant l’Abattoir Ducharme, l’été dernier. Crédit photo : Roaslie Dion / Archives TCN

Pour faire contrepoids aux végétaliens

SAINT-HYACINTHE — Le végétalisme n’est pas juste une mode, mais bien une tendance qui s’installe au Québec et à laquelle les producteurs doivent se préparer, surtout pour faire face au discours des militants antiviande, de plus en plus actifs sur la place publique.

Tel est le constat de la psychologue Pierrette Desrosiers, qui a prononcé une conférence humoristique sur le sujet lors de l’assemblée générale annuelle des Éleveurs de porcs de la Montérégie. 

Pierrette Desrosiers

Pierrette Desrosiers

Dans sa présentation, la psychologue spécialisée dans le milieu agricole, qui est aussi la conjointe d’un ancien producteur laitier et bovin, a analysé le niveau d’engagement de certains végétaliens, communément appelés « véganes ». Ceux qui militent pour bannir le commerce de la viande et celui de la fourrure ou de la laine d’animaux jouent la carte de l’émotion, souvent à l’aide de photos ou de vidéos « chocs », évoque-t-elle. « Ma crainte, c’est qu’on se polarise de plus en plus. Il va falloir travailler très fort pour contrebalancer les messages -[antiviande et antiélevage]. »

Selon elle, les producteurs devront redoubler d’efforts pour favoriser le rapprochement entre ruraux et citadins. « Il y a de moins en moins de gens connectés [à l’agriculture]. Il va falloir aller dans les écoles et faire plus d’éducation », poursuit la conférencière, persuadée qu’il y a beaucoup de désinformation concernant les pratiques d’élevage au Canada. 

Quelques conseils pour un meilleur dialogue

  • Ne répondez jamais sur le coup de l’émotion sur les réseaux sociaux. Il faut réfléchir avant d’écrire;
  • Admettez que vous avez des valeurs différentes de celles des végétaliens. Soyez « d’accord sur les désaccords »;
  • Respectez le mode d’alimentation des gens;
  • Faites circuler des informations de qualité. Expliquez les pratiques sans vous justifier;
  • Ayez recours à des ambassadeurs, voire même des influenceurs « qui sont omnivores et fiers de l’être ».

Ce qu’ils ont dit…

« Il y en a qui se disent végétaliens, mais qui ne savent même pas ce que c’est. […] Ce n’est peut-être pas juste une mode, mais si on est unis et qu’on a de bons meneurs pour nous aider là-dedans, tant mieux. » – Estelle Dubé, productrice de Noyan, aux côtés de Maxym Lecomte

« Je sais comment on est à la ferme et on ne maltraite pas nos animaux. […] On a beaucoup de règlements. C’est notre revenu. On veut leur faire attention. Des fois, ils [les végétaliens] voient ça du mauvais côté, mais ils n’ont jamais visité une ferme au Québec. » – Annabelle Saucier-Leblanc, éleveuse de la relève à Saint-Anicet

« On n’est pas capables de jaser avec les végétaliens. Ils ne veulent pas entendre [l’importance accordée au bien-être animal]. […] On cherche toujours à se renouveler. Il faut continuer à démontrer les bonnes choses qu’on fait à la ferme. » – François Nadeau, président des Éleveurs de porcs de la Montérégie et producteur à Saint-Sébastien