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Enbridge : inverser, oui, mais pas au détriment des terres agricoles

Les préoccupations environnementales sont grandes vis-à-vis du controversé projet d’inversement de la ligne 9 d’Enbridge, et l’Union des producteurs agricoles (UPA) a décidé de faire entendre sa voix sur cet enjeu.

« Nous ne sommes pas contre le projet et nous allons collaborer, affirme le président de l’Union, Marcel Groleau. Mais nous pensons qu’en 2014, une entreprise comme Enbridge a une obligation de transparence. »

Marcel Groleau convient qu’il n’y a « pas eu d’accidents graves » sur ce pipeline, qui date de 1976. Mais il ajoute : « Avec tout ce que l’on a entendu lors d’accidents liés au transport du pétrole, les producteurs agricoles sont plus inquiets. Ils ont besoin d’être rassurés. »

L’UPA participait hier à une conférence de presse organisée par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), en présence de l’écologiste d’Équiterre Steven Guilbeault et du maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, était également présent. À l’instar du maire montréalais, Marcel Groleau pose ses conditions.

Il dit oui au projet d’inversement de l’oléoduc pour acheminer du pétrole de l’Ouest canadien vers Montréal. Mais c’est, pour lui aussi, avec un « gros mais ».

« Nous exigeons le respect des 18 conditions prévues dans le rapport [déposé l’automne dernier] de la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles [CAPERN] », soulève-t-il.

Il ajoute : « On veut que le gouvernement du Québec prenne les moyens pour que les conditions émises par la CAPERN soient respectées avant de permettre au projet d’aller de l’avant. »

Il demande en outre au gouvernement de Stephen Harper de « soumettre les oléoducs et les gazoducs à son Règlement sur le transport des marchandises dangereuses ».

Pas question, par exemple, de donner un chèque en blanc à Enbridge, comme l’a évoqué le maire de Montréal.

Il fait valoir que le pipeline traverserait le territoire québécois (plus de 200 terres agricoles). Il déplore que la compagnie ait effectué 600 tests « sans en partager les résultats » avec les propriétaires des terres agricoles.

« Enbridge a creusé sur nos terres et on veut voir les résultats, à la condition qu’ils soient analysés de façon objective », précise-t-il.

Le président de l’UPA insiste sur trois éléments qu’il juge « essentiels ».

Tout d’abord, un fonds de prévoyance de 1 milliard (G)$, pour dédommager les victimes en cas d’accident, devrait être constitué.

« Il est important qu’il y ait aussi un partage des informations sur la qualité du pipeline et de son entretien, et nous voulons finalement faire partie du comité de vigilance, aux côtés d’Enbridge, des municipalités et de l’Office national de l’énergie, en tant que représentant des producteurs agricoles », conclut le président de l’Union.

Une décision déterminante sur l’avenir d’Enbridge doit être rendue le 19 mars par l’Office national de l’énergie.