fbpx
Les propriétaires Mario et Mathieu Beauregard (à l’arrière) privilégient l’embauche des travailleurs étrangers d’une même famille. Edgar Jesus Santos Zil est venu avec trois frères, un fils et un neveu, Alberto Chavez Ixcoy, avec un frère et quatre neveux, puis Efrain Genaro Chioc Por, avec un frère et un fils. Photo : Gracieuseté de la Ferme chez Mario

Les propriétaires Mario et Mathieu Beauregard (à l’arrière) privilégient l’embauche des travailleurs étrangers d’une même famille. Edgar Jesus Santos Zil est venu avec trois frères, un fils et un neveu, Alberto Chavez Ixcoy, avec un frère et quatre neveux, puis Efrain Genaro Chioc Por, avec un frère et un fils. Photo : Gracieuseté de la Ferme chez Mario

Des travailleurs étrangers de même famille

« Nos travailleurs guatémaltèques sont à la base de notre succès. Nous avons choisi de les engager à partir de trois familles pour faciliter leur intégration dans l’entreprise et combattre le mal du pays qu’ils vivent loin de leurs proches. Nous sommes conscients des sacrifices que font ces travailleurs pour venir au Québec. Nous voulons leur faciliter la vie », explique Mathieu Beauregard.

Le producteur maraîcher de 31 ans prend graduellement la relève de la Ferme Chez Mario, une entreprise de 30 hectares qui se spécialise dans l’autocueillette de fruits et légumes à Sainte-Madeleine en Montérégie. On y a découvert au fil des années que le travail en famille était plus agréable et productif pour les propriétaires, mais aussi pour les travailleurs qui viennent d’un pays étranger.

Avec son père Mario, Mathieu embauche chaque année une quinzaine de travailleurs guatémaltèques et une autre dizaine d’employés québécois pour vendre les récoltes dans six points de vente.

Les Beauregard ont compris qu’il peut être difficile pour les travailleurs ­étrangers temporaires de s’adapter à la fois au climat d’un nouveau pays, à son alimentation, à ses méthodes de travail aux champs ainsi qu’à la vie avec d’autres travailleurs dans les maisons.

Mathieu se souvient de Julio, qui revient à la ferme depuis 11 ans. « Son premier séjour avait été très éprouvant. Cette année, son fils est venu le rejoindre. Ce sera beaucoup plus facile pour ce dernier. Il aura une référence. De plus, on apprend mieux aux champs quand ça vient d’un proche », croit-il.

« Les petits conflits se règlent plus rapidement en famille. Nous avons remarqué que si ça se passe bien dans les maisons, ça se passe bien au champ », estime le producteur, qui est persuadé que l’entreprise y gagne en qualité du travail et en rendement.

Il précise que l’amélioration de leurs pratiques en ressources humaines passe également par la mise en place d’un système rigoureux et des règles de conduite claires en ce qui concerne l’entretien de la maison, des véhicules et des équipements fournis. En gestion des ressources humaines comme ailleurs, le diable est souvent dans les détails. C’est bien connu.

Cette année, les employeurs ont acheté un duplex à Sainte-Madeleine pour y loger leurs travailleurs. Ils seront plus près de l’épicerie, d’un dépanneur, de l’église et d’un parc. « Pour nous, c’est un avantage de ne pas loger nos Guatémaltèques sur le lieu de travail. Nous croyons qu’ils ont besoin de décrocher eux aussi », explique Mathieu.

Évidemment, le travail en famille ne remplace pas les principes de base en gestion des ressources humaines. Les Beauregard y trouvent cependant un moyen efficace et agréable de conserver leur main-d’œuvre. 

La Ferme Chez Mario a été sélectionnée par le Centre d’emploi agricole de la Fédération de l’UPA de la Montérégie pour représenter l’est de cette région dans le cadre de Ma ferme, mon monde, source d’inspiration en gestion des ressources humaines, une initiative d’AGRIcarrières.