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Photo : Gracieuseté

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Cohabitation entre producteurs agricoles et motoneiges : un casse-tête

Alors que de nombreux producteurs agricoles accueillent des sentiers de motoneige provinciaux sur leurs terres, la cohabitation avec les motoneigistes s’avère parfois difficile. Les défenseurs de ce loisir mettent les bouchées doubles pour minimiser les désagréments pour les agriculteurs.

Traces de motoneiges dans les champs de foin, caisses de bières vides laissées à l’abandon en plein milieu d’une terre, panneaux de signalisation rabattus… Depuis 25 ans, le producteur de foin et de grandes cultures Michel Payette subit toutes sortes d’inconvénients associés au passage des motoneiges sur ses terres. Il est toutefois conscient que c’est une minorité de motoneigistes qui cause des dommages. Comme plusieurs autres agriculteurs qui accueillent des sentiers chez eux, il est à court de solutions pour limiter les dégâts causés par les motoneiges sur sa propriété.

« Les clubs de motoneige sont très sérieux dans leur démarche, mais ils ne contrôlent que 90 % de leurs membres, lance d’emblée Michel Payette. C’est le 10 % qui reste qui fait les dommages. » Le producteur de Saint-Paul-de-Joliette affirme avoir perdu des milliers de dollars en rendement au cours des dernières années, et c’est pourquoi il a restreint l’accès à ses terres.

À la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ), on admet que la négociation avec les propriétaires fonciers s’avère souvent un casse-tête. Ce sont les bénévoles des clubs de motoneigistes, partout dans la province, qui négocient les ententes une par une. « On fait tout en notre possible pour minimiser l’impact de notre passage, explique la directrice des opérations de la FCMQ, Marilou Perreault. On installe des clôtures ou des panneaux de signalisation à certains endroits. On impose également des limites de vitesse sur certaines terres. »

De nombreux kilomètres de sentiers provinciaux passent sur des terres agricoles. Photo : Gracieuseté

De nombreux kilomètres de sentiers provinciaux passent sur des terres agricoles. Photo : Gracieuseté

L’emplacement des sentiers est également choisi pour limiter l’impact du passage des véhicules. « On privilégie des chemins de ferme, les bouts de terres et les parcelles les moins cultivées », mentionne Mme Perreault.

Malgré les efforts de la FCMQ et des clubs de motoneige, il est de plus en plus difficile de convaincre les propriétaires et les producteurs agricoles. Au Lac-Saint-Jean, sur le territoire du Club coursiers des neiges, plusieurs dommages ont été faits dans des bleuetières au cours des dernières années. « Ça prend de plus en plus d’huile de babines pour arriver à un accord », image le président du club, Denis Bernier, qui est aussi producteur laitier et de grandes cultures à ­Normandin.

S’il est difficile pour son club d’offrir des indemnisations aux producteurs agricoles qui subissent des dommages en raison du passage des motoneiges, Denis Bernier tente de les aider du mieux qu’il peut. « On leur offre souvent de payer pour la construction de ponceaux sur leurs terres, indique M. Bernier. Ça nous permet de passer en motoneige l’hiver et ça permet aux producteurs de s’en servir pour circuler en tracteur. »

Un terrain de jeu en péril

Les pertes de droits de passage, les changements climatiques et l’urbanisation mettent de la pression sur le réseau de pistes provincial. « Quand on perd un droit de passage, on peut perdre une interconnexion entre deux régions », fait savoir la directrice des opérations à la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec, Marilou Perreault. Le développement résidentiel les force également de plus en plus à revoir leurs tracés, selon elle. « Les changements climatiques nous donnent beaucoup de maux de tête également, souligne-t-elle. On a beaucoup de ponts de glace sur notre réseau. Quand ils ne sont pas gelés, les clubs sont obligés de les fermer. »

Étienne Dupuis, collaboration spéciale