fbpx
L’équipe d’administrateurs de la Ferme coopérative Tourne-Sol. De gauche à droite : Daniel Brisebois, Frédéric Thériault, Emily Board, Julien Vedel, Renée Primeau, Reid Allaway, Sophie Descoteaux.

L’équipe d’administrateurs de la Ferme coopérative Tourne-Sol. De gauche à droite : Daniel Brisebois, Frédéric Thériault, Emily Board, Julien Vedel, Renée Primeau, Reid Allaway, Sophie Descoteaux.

Charité bien ordonnée commence par soi-même

LES CÈDRES – Lorsque la Ferme coopérative Tourne-Sol remporte le concours Ma ferme, mon monde, en 2015, ce sont ses efforts de formation des employés qui attirent l’attention du jury. « On avait monté un stage avec des visites de fermes et tout. On était fiers de voir les gens partir, après leur stage, puis démarrer leur propre entreprise et voir que des fermes comme la nôtre se multipliaient », se rappelle Frédéric Thériault, président de la coopérative de travailleurs.

De l’eau et de la sueur ont cependant coulé sous les ponts depuis 2015. « Comme on formait bien la main- d’œuvre, on attirait des gens qui venaient travailler avec nous une année, peut-être deux », raconte l’administrateur et l’un des cinq membres fondateurs de la coopérative. Un pareil mode de fonctionnement plaçait toutefois l’entreprise en situation de formation continuelle, ce qui coûte cher et nuit à la productivité de la ferme. « À un moment donné, on s’est dit : c’est le fun de former le monde et de les voir partir, mais on aimerait ça qu’ils restent, aussi », admet Frédéric Thériault.

« On a donc restructuré notre affaire pour essayer de retenir notre personnel et de les garder à plus long terme. On s’est donné une échelle salariale basée sur l’ancienneté, un manuel de l’employé sur lequel on travaillait depuis quelques années », illustre le gestionnaire pour qui la formation du personnel demeure une priorité. « On vise toujours à former les gens, mais avec l’objectif qu’ils restent et qu’on n’ait pas à les reformer. »

La Ferme Tourne-Sol veut cependant pousser plus loin sa façon de gérer la main-d’œuvre. Elle envisage d’éliminer les hiérarchies, de faire disparaître les patrons, en quelque sorte, pour rendre chaque employé plus libre dans l’accomplissement de ses tâches. C’est ce qu’on appelle l’holacratie, un système de gouvernance relativement nouveau qui aurait été expérimenté une première fois dans une filiale du géant Amazon. « Quand tu détiens une responsabilité, tu fais tout ce que tu crois nécessaire pour faire le travail de la bonne façon, en fonction des buts de l’entreprise. Tu n’as pas à passer par trois, quatre échelons pour agir », explique Frédéric Thériault. Le concept s’applique aux administrateurs, pour le moment. L’objectif : l’étendre à l’ensemble de l’organisation d’une vingtaine de travailleurs.


La Ferme coopérative TourneSol a été sélectionnée par le Centre d’emploi agricole de la Montérégie-Ouest dans le cadre de l’édition spéciale Nos Étoiles. Celle-ci met en lumière l’évolution des pratiques RH des entreprises agricoles ayant déjà participé au concours Ma ferme, mon monde, une initiative d’AGRIcarrières.

En novembre, vous serez invités à voter pour votre entreprise Coup de cœur. Restez à l’affût!


Claude Fortin, collaboration spéciale