Front commun pour un soutien provincial aux travailleuses de rang

Les quatre organismes offrant des services de travailleurs de rang au Québec réclament d’une même voix une enveloppe budgétaire globale minimale de 2,1 M$ par année pour assurer la poursuite de leur mission sur l’ensemble du territoire.

Réunis sous l’égide de la Table de concertation du travail de rang du Québec, créée en 2025, Au cœur des familles agricoles (ACFA), Écoute agricole, les trois centres de préventions du suicide de l’Abitibi-Témiscamingue et la Fédération de l’Union des producteurs agricoles de Lanaudière, qui englobent les services de soutien aux producteurs agricoles à travers la province, estiment qu’il leur faudrait un investissement immédiat de 2,1 M$ par année de Québec, et de manière récurrente,  pour pérenniser l’emploi des quelque 23 travailleuses de rang actuellement en poste.

Ce montant se base sur l’estimation du coût moyen d’un poste de travailleuse de rang, que le regroupement évalue à 90 000 $ par année, ce qui inclut le salaire, les déplacements, le soutien clinique, le développement des compétences et la gestion administrative.

Les organismes se sont réunis pour la première fois, le 5 octobre 2025, et se sont aperçus qu’ils traversaient des enjeux similaires, soit une demande de services croissante, des ressources limitées et un financement non récurrent, qui ne garantit pas le maintien des services à long terme. « On s’est donc mobilisés pour créer un document synthèse de toutes nos statistiques, à partir duquel on a pu formuler nos revendications », détaille Marie-Louise Lemire, directrice générale d’ACFA.

Actuellement, seul ACFA reçoit un financement récurrent de la part du provincial d’environ 1 M$ par année, un montant qui ne couvre que 68 % du budget de l’organisme. « Le reste doit être complété par d’autres moyens, et on reste à la merci des coupures qui pourraient survenir », souligne Mme Lemire. 

Mélanie Tremblay
Mélanie Tremblay

L’Abitibi perd une ressource

C’est ce qui est arrivé dernièrement dans le secteur d’Amos, en Abitibi-Témiscamingue, alors que la région a perdu une travailleuse de rang, faute de budget pour la maintenir en poste. « On nous avait promis un financement de 240 000 $ de manière récurrente, mais avec l’arrivée de Santé Québec, ce financement a été retranché. On a été forcés de réorganiser la couverture pour pouvoir continuer de répondre aux demandes dans les périodes critiques avec trois ressources au lieu de quatre, alors que notre idéal serait plutôt à six », déplore Mélanie Tremblay, directrice du Centre de prévention du suicide d’Amos. 

Une rencontre prévue avec le ministre

Le document de revendication de la Table a déjà été remis au ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Donald Martel, qui a accepté de rencontrer les représentants du groupe à la fin du mois de mai.  « On est en revendication pour avoir une enveloppe globale qui va descendre dans chacune des régions pour financer de manière récurrente les services pour que ce soit équitable pour tous les producteurs agricoles dans chacun des territoires », résume Mme Tremblay. Elle espère d’ailleurs que cette première rencontre avec le ministre de l’Agriculture débouchera sur une autre avec la ministre de la Santé puisque, selon elle, ils devront travailler de pair.

La Table de concertation du travail de rang du Québec estime que pour répondre aux réels besoins de chacune des communautés agricoles du Québec, ils auraient besoin d’augmenter les ressources de 23 à 36 travailleuses de rang, ce qui nécessiterait un financement d’environ 3,2 M$ par année.