Santé psychologique 28 novembre 2025

Ébranlée par la perte d’une subvention, Écoute agricole lance une loterie

L’organisme Écoute agricole, qui déploie un service de travailleurs de rang sur le grand territoire d’Outaouais-Laurentides, doit se retrousser les manches pour mener à bien ses activités. Une subvention du ministère de la Santé de 200 000 $, qui a représenté 40 % de son budget ces deux dernières années, n’a pas été reconduite.

Caroline Alary
Caroline Alary

« Au même titre que l’agriculture est le parent pauvre de l’économie, la santé mentale est le parent pauvre de la santé », s’est désolée la présidente de l’organisme, Caroline Alary, lors de l’assemblée générale annuelle de la Fédération de l’Union des producteurs agricoles (UPA) Outaouais-Laurentides, le 30 octobre. Celle qui est également productrice laitière à Sainte-Sophie profitait de l’événement pour solliciter la participation des gens à une loterie au profit d’Écoute agricole. En achetant un billet de 30 $ d’ici le 9 décembre, les participants courent la chance de gagner un crédit de voyage, lors d’un tirage qui aura lieu le lendemain. 

C’est une solution trouvée par l’organisme pour compenser, à tout le moins partiellement, la perte de sa subvention. « Il reste beaucoup de billets », lance en entrevue téléphonique la directrice générale d’Écoute agricole, Magali Noiseux-Laurin, le 25 novembre, précisant que 11 700 $ ont été amassés sur un objectif de 90 000 $. 

Magali Noiseux-Laurin
Magali Noiseux-Laurin

Ce n’est pas la première fois qu’elle doit faire des pieds et des mains avec son équipe pour trouver de l’argent. En fait, elle doit souvent recommencer les sollicitations à zéro, parce que les enveloppes récurrentes sont rares, mais la perte de la subvention de Québec de 200 000 $ fait mal, dit-elle. Cet argent a permis à l’organisme de pérenniser sa mission de base en 2023-2024 et même de grandir en offrant plus de services, partout sur le territoire. Ses quatre travailleurs de rang – dont deux couvrent les Laurentides et les deux autres, l’Outaouais – ont multiplié les déplacements aux quatre coins de la région pour apporter du soutien aux agriculteurs. Seulement l’an dernier, 173 interventions à la ferme ou au domicile ont été faites. 

« Cette subvention-là, ç’a permis de payer les salaires, mais aussi les frais de kilométrage, qui montent à plus de 30 000 $ par année, parce qu’on a un vaste territoire. Ça permet vraiment à nos services d’être adaptés à la réalité des agriculteurs, de se déplacer dans les fermes et d’aller à la rencontre des gens », explique-t-elle, spécifiant que son équipe a parcouru 52 300 kilomètres l’an dernier pour des interventions, mais aussi pour faire de la sensibilisation.

Aujourd’hui, il serait impensable de revenir en arrière, en retranchant des services ou en coupant des postes, dit-elle, insistant sur le fait qu’Écoute agricole a besoin d’un soutien récurrent pour mener à bien ses activités. 

« On ne veut pas que ça s’arrête, on ne veut pas couper de postes. […] Je pense que la clé, ce sera d’en parler le plus possible pour que les choses débloquent », ajoute Mme Noiseux-Laurin, qui ne relâchera pas la pédale des sollicitations et qui tentera d’aller récupérer sa subvention. Soulignons que la soirée-bénéfice annuelle de l’organisme aura lieu le 21 février.