Marc-André Comeau et Katrie Marsan écoulent une grande partie de leurs produits dans les marchés publics. Photo : Maurice Gagnon
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S'abonner maintenantAprès 15 ans d’existence, le modèle de La Pommetterie, de Saint-Gabriel-Lalemant, basé sur le bénévolat commençait à montrer des signes d’essoufflement. Faute de relève, l’organisme sans but lucratif (OSBL) risquait de voir ses marmites refroidir pour de bon. C’est finalement un couple de la région, Marc-André Comeau et Katrie Marsan, qui a repris le flambeau en rachetant l’organisme l’an dernier, assurant la continuité d’une signature locale façonnée autour des pommettes – et élargie à tout un univers de produits forestiers.
L’histoire prend racine dans le départ à la retraite de Diane Lavoie, fondatrice du projet. À l’origine, La Pommetterie avait été pensée comme un levier de revitalisation pour le village, un symbole identitaire visible jusque dans les rangs. Lorsque Mme Lavoie a cherché des repreneurs, le couple a d’abord intégré Champignons Kamouraska, un volet de l’organisation, avant d’ajouter l’ensemble de La Pommetterie à son projet d’entreprise.
D’ici quelques semaines, lorsque la nouvelle compagnie sera officiellement constituée, elle portera le nom de Champignons Kamouraska. Un choix administratif, insiste Marc-André Comeau, qui ne changera rien à l’essentiel. « On va continuer de produire tous les produits de La Pommetterie. En fait, c’est juste le nom qui change », précise-t-il. Selon le couple, c’est justement en réunissant les forces de leurs différentes activités – Champignons Kamouraska, La Pommetterie et l’ancienne marque Crânes et confitures – que l’avenir devient viable.
Un paysage en fleurs
En période de floraison, environ 650 pommetiers parsèment le territoire et transforment Saint-Gabriel-Lalemant en tableau champêtre. On compte près de huit vergers dans le village, dont deux plus importants regroupant chacun environ 250 pommetiers.
Un producteur du rang Chénard a même aménagé un petit parc au cœur de ses arbres fruitiers, faisant de la floraison un lieu de halte et de contemplation.
Selon Katrie Marsan, « le nombre d’arbres n’a pas tellement évolué depuis la création de l’organisme, mais ceux-ci ont grandi et donnent davantage de fruits ». Quatre variétés de pommettes servent à la transformation : la Dolgo, réputée pour ses gelées grâce à sa forte teneur en pectine, la Chestnut et la Whitney pour les jus, ainsi qu’une production plus marginale de Kerr.
Champignons Kamouraska n’est pas propriétaire des arbres, bien que le couple en assure l’entretien et la récolte. Les propriétaires des terrains confient les fruits à l’entreprise, la pommette trouvant surtout sa pleine valeur une fois transformée. Pour les champignons, petits fruits et autres ingrédients sauvages, l’entreprise s’approvisionne également auprès de cueilleurs indépendants.
Une quarantaine de produits transformés sont aujourd’hui offerts : gelées et jus de pommettes, champignons sauvages, têtes de violon, produits forestiers variés, sans oublier les recettes traditionnelles associées à la gamme « Jacqueline vous invite ». Après une saison « désastreuse » l’an dernier pour les champignons, Marc-André Comeau espère un meilleur millésime en 2026.
Garder l’âme du projet
Katrie Marsan se veut rassurante : « On a gardé les recettes de La Pommetterie pour les gelées et les jus. » Les habitués retrouveront donc les mêmes saveurs qu’auparavant.
Au-delà de la production, le couple souhaite redonner un souffle communautaire au projet. Des ateliers sont envisagés, tout comme l’ouverture éventuelle d’un café-boutique attenant à l’atelier de transformation. La salle pourrait accueillir une vingtaine de personnes. L’entreprise réfléchit également à une journée d’ouverture hebdomadaire pour la vente directe. « On veut aussi former d’autres cueilleurs. La demande est plus forte que l’offre; on n’est que deux », ajoute Marc-André Comeau.
Décédée en décembre 2025, Diane Lavoie laisse derrière elle bien plus qu’un verger, mais un projet ancré dans le paysage et la mémoire du Kamouraska. Quinze ans après les premières plantations, La Pommetterie continue de grandir – et, chaque printemps, de fleurir – portée par une nouvelle génération déterminée à en préserver l’âme.