Météo 5 décembre 2025

Un hiver assez corsé en vue

« Si on n’aime pas le froid, on va trouver l’hiver long cette année. C’est un hiver assez corsé qui est en vue », résume André Monette, chef du service de météorologie chez MétéoMédia. Si les prévisions météo pour une saison complète demeurent parfois hasardeuses, elles semblent plus fiables qu’à la normale, dit M. Monette. Trois principaux indices lui permettent de prévoir avec confiance que l’hiver sera plus froid qu’à la normale, pour les mois de décembre et janvier du moins. 

« Ce n’est pas un hiver qui va se laisser désirer comme l’an dernier. Les températures seront plus froides pour la première moitié de l’hiver, et ça commence déjà avec le début décembre. Juste aujourd’hui [3 décembre], nous avons -10 °C à Montréal et -20 °C dans les Laurentides », exprime-t-il. 

L’une des causes de cette prévision demeure le vortex polaire, qui devrait effectuer de plus nombreuses incursions sous nos latitudes. « On risque d’avoir des blocages en Alaska et au Groenland, qui amèneront plus de chaleur au pôle Nord, déplaçant le vortex en Russie, en Europe et ici », spécifie le météorologiste. 

L’autre facteur est le phénomène climatique La Niña, caractérisé par une température plus basse des eaux de surface équatoriales de l’océan Pacifique. « Ça va engendrer une descente d’air froid dans les Prairies jusqu’au Québec », évalue-t-il. Des crêtes et des masses d’air plus chaud venant du sud-ouest, de la Floride par exemple, tenteront de monter vers le Québec, « mais c’est vraiment le vortex polaire qui va le plus souvent gagner et empêcher l’air chaud de nous atteindre », anticipe M. Monette. 

Comme dernier phénomène, il note un réchauffement de l’air en très haute altitude, c’est-à-dire de 10 à 15 km au-­dessus du sol, qui changera la direction des vents. Le vortex polaire, une immense poche d’air très froid située en haute altitude au-­dessus de l’Arctique, devrait donc bouger vers le Québec en raison de la dynamique des vents en haute atmosphère au lieu de demeurer au pôle Nord. Il entraînera une occurrence plus élevée de vents provenant du nord et de l’ouest, pointe M. Monette. « Il devrait faire encore plus froid dans les Prairies, alors les vents d’ouest que nous aurons, ce ne seront pas des vents doux », avertit le météorologue. Suivant la même logique, les régions du Québec plus à l’ouest, comme l’Abitibi-­Témiscamingue et l’Outaouais, devraient enregistrer des mois de décembre et de janvier plus froids que l’Est-du-Québec, qui devrait hériter d’un hiver moins froid qu’à l’ouest, mais tout de même un peu sous les normales de saison. 

Finalement, vers la fin janvier ou au début février, la crête du sud-ouest de l’Amérique du Nord pourrait nous rejoindre plus souvent, créant des incursions de temps doux, mais malgré tout, M. Monette s’attend à un mois de février un peu sous les normales de saison.  

Plus de neige

Plus de froid devrait faire en sorte que les précipitations se matérialisent davantage en neige et non en un mélange de pluie-verglas-neige, comme il a été commun à plusieurs endroits ces dernières années, surtout au sud du Québec. Par contre, trop de froid pourrait pousser les systèmes dépressionnaires un peu plus au sud du Québec, ce qui diminuerait ainsi les quantités de précipitations reçues au total. Il donne l’exemple du début décembre où un système météo est passé à l’extérieur du Québec, laissant environ 13 cm de neige dans la région de Burlington, de l’autre côté de la frontière, aux États-Unis, contre seulement 2 cm à Montréal où la température affichait -10 °C.