Météo 22 juin 2026

Des champs de légumes complètement inondés

Une violente averse, survenue le 20 juin, a fait sortir des cours d’eau de leur lit, inondant les terres de nombreux maraîchers dans les secteurs près de Montréal, notamment en Montérégie. Deux jours plus tard, des récoltes sont encore sous l’eau et les pertes s’annoncent importantes pour certains.

À Napierville, le maraîcher Éric Van Winden estime que 57 hectares d’oignons, de patates douces et de laitues ont été submergés à sa ferme, après que 171 millimètres de pluie soient tombés en un après-midi, faisant déborder des branches de la rivière L’Acadie, qui longent ses terres.

Des oignons baignent aussi dans l’eau depuis samedi, chez Delfland. Photo : Gracieuseté d’Éric Van Winden

« Il y a encore de l’eau dans les champs, sur environ 100 acres [40 hectares]. C’est certain qu’il y aura des pertes. Après plus de 24 heures sous l’eau, il y a peu de choses à faire », a témoigné le copropriétaire de la Ferme Delfland, le 22 juin, précisant que des pompes, qui servent normalement à l’irrigation, sont utilisées pour retransvider le plus d’eau possible dans le ruisseau.

À la Ferme du Soleil, de Sainte-Clotilde, Marc-Alexandre Chenail raconte qu’environ 12 hectares de laitue « ont mangé la claque », après le refoulement du bassin versant du ruisseau Norton, qui traverse ses terres.

À la Ferme du Soleil, de Sainte-Clotilde, Marc-Alexandre Chenail raconte qu’environ 12 hectares de laitue « ont mangé la claque », après le refoulement du bassin versant du ruisseau Norton, qui traverse ses terres. Photo : Gracieuseté de Marc-Alexandre Chenail

« C’est encore inondé ce matin. Peut-être qu’on pourra rescaper des récoltes si le niveau d’eau baisse rapidement, mais c’est à peu près certain qu’il y aura des pertes », exprime le maraîcher, qui prend la relève de l’entreprise

Ce calibre-là de pluie, ce n’est pas arrivé depuis 2023, quand il n’arrêtait pas de pleuvoir en juillet. Depuis, je n’ai jamais revu ça. C’est assez rare que la rivière déborde en juin.

Marc-Alexandre Chenail

Un producteur de Sherrington, Gabriel Leclair, estime quant à lui avoir perdu 6 hectares de radis. « Ç’a commencé à se résorber ce matin [le 22 juin]. Il reste des bouts de champs inondés, mais on peut dire que c’est minime dans les circonstances », note celui qui assure la relève des Fermes Leclair.

De son côté, l’Association des producteurs maraîchers du Québec affirme avoir reçu de nombreux signalements de champs inondés en Montérégie, dans Lanaudière et dans les Laurentides, surtout en raison de refoulements de cours d’eau. Des dommages par la grêle ont aussi été rapportés dans Lanaudière.

« C’est assez répandu. On parle souvent de 15 à 20 % de superficies inondées », précise la directrice générale adjointe, Catherine Lessard, dont l’organisation travaille encore à sonder ses membres.

À Saint-Jacques-le-Mineur, la maraîchère Geneviève Guinois-Côté déplore que l’une de ses principales productions, les fines herbes, ne soit pas couverte par l’assurance récolte. « La Financière [agricole du Québec] dit qu’elle travaille là-dessus et qu’il faut rester patient, mais ça fait des années que c’est problématique pour nous », déplore la copropriétaire de la Ferme maraîchère A. Guinois et Fils, dont certaines parcelles ont été envahies par l’eau, après que le ruisseau Saint-André soit sorti de son lit.