Environnement 23 janvier 2025

Une étude cinglante sur les paillis de plastique

En analysant les images satellitaires, les chercheurs Maxime Paré et Olivier Morissette, de l’Université du Québec à Chicoutimi, concluent que les superficies annuelles sous paillis de plastiques oxobiodégradables ont bondi de plus de 90 % entre 2018 et 2024. Au cours de cette période, ce sont plus de 12 187 ha qui ont été cultivés avec cette technique seulement au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Or, les auteurs soulignent que la dégradation complète de ces plastiques sous conditions réelles au champ est loin de faire l’unanimité dans la littérature scientifique. Si les portions du plastique exposées à la lumière devraient éventuellement se dépolymériser en plus petits morceaux, les portions non exposées à la lumière peuvent se retrouver intactes, et ce, même après plusieurs années d’enfouissement. Des observations au champ effectuées par les chercheurs révèlent la présence de fragments de plastique dans les sols cinq ans après l’utilisation du paillis. Cela peut entre autres occasionner des changements dans la porosité des sols, réduire la capacité du sol à retenir les nutriments et augmenter la mortalité des vers de terre, selon leur étude.

Du plastique dans les produits laitiers?

Les chercheurs évoquent aussi la possibilité que la fragmentation des particules de plastique dans les sols libère des agents plastifiants de la famille des phtalates qui, ingérés par une vache laitière via le maïs à ensilage, pourraient se retrouver dans le gras et le lait de l’animal. 

À ce sujet, La Terre a demandé au principal transformateur de lait de la région, la coopérative Nutrinor, qui se positionne comme un meneur du développement durable, s’il interdit l’utilisation de paillis de plastique chez les producteurs qui l’approvisionnent. Nutrinor ne l’interdit pas. Son Pacte agricole durable est une démarche volontaire des producteurs, répond la coopérative. Pour l’instant, cette dernière n’effectue pas de tests en lien avec une potentielle présence de résidus de plastique dans ses produits laitiers.