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Une ancienne terre agricole reboisée et coupée à Val-Paradis, dans le Nord-du-Québec. Photos : Émélie Rivard-Boudreau

Une ancienne terre agricole reboisée et coupée à Val-Paradis, dans le Nord-du-Québec. Photos : Émélie Rivard-Boudreau

Reboisement de terres en friche en Abitibi

Une opération massive de reboisement s’apprête à prendre forme en Abitibi. Trois millions d’arbres seront plantés sur 2 300 hectares de terres privées en friche. Cette opération de reboisement touche une corde sensible chez les familles agricoles de la région, qui se souviennent de la corvée de ses pionniers.

Pascal Rheault craint que le reboisement empêche la relance de certaines terres agricoles en friche.

Pascal Rheault craint que le reboisement empêche la relance de certaines terres agricoles en friche.

« On sait très bien que les terres qui vont être replantées, elles vont être saisies pour une cinquantaine d’années et on ne pourra plus les cultiver », s’inquiète le président de la Fédération de l’UPA d’Abitibi-Témiscamingue, Pascal Rheault.

Le reboisement des terres agricoles en friche n’est pas une nouvelle pratique en Abitibi. L’enjeu a par contre refait surface au cours des derniers mois. En décembre 2017, l’Agence régionale de mise en valeur des forêts privées (ARFPA) a reçu près de 8 M$ du Fonds pour une économie à faibles émissions de carbone (FEFEC) pour replanter 3 millions d’arbres en 2020 et en 2021 sur des terres en friche. « Le but, c’est de planter des arbres sur des terres laissées à l’abandon pour pouvoir capter du carbone », explique l’ingénieur forestier de l’ARFPA, Benoît Mandeville.

On compte autour de 40 000 hectares de terres en friche en Abitibi. Pascal Rheault, qui fait aussi partie du conseil d’administration de l’ARFPA, tient à préciser qu’il n’est pas contre les opérations de reboisement et que l’Union des producteurs agricoles (UPA) ne veut pas empêcher les propriétaires de reboiser leurs terres à leurs frais. Par contre, il souhaite que certaines zones ne soient pas admissibles au financement public. « On travaille très fort pour avoir un plan de relance en agriculture. S’il ne nous reste plus de terres, ça va être difficile de mettre en action nos plans d’attraction », mentionne-t-il.

Critères d’une terre en friche

Depuis les derniers mois, l’UPA et l’ARFPA ont donc formé un comité avec les représentants régionaux du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), qui lui, aura le dernier mot sur les préautorisations en reboisement. « Selon nos critères, on ne priorisera pas du reboisement sur les terres en friche herbacées, où il y a de longues herbes qui n’ont pas été cultivées depuis 7, 8 ou 10 ans, mais où il n’y a pas d’aulnage qui a commencé à pousser », affirme le directeur régional au MAPAQ en Abitibi-Témiscamingue, Alain Sarrazin.

Par contre, c’est justement sur les critères de ce qu’est – ou non – une terre en friche que le président de l’ARFPA souhaite apporter des modifications. Selon Alain Shink, la liste des conditions est trop longue et pas assez claire. « On n’a pas les mêmes critères de décision, alors il faut finaliser cette entente-là. » Pour l’ARFPA, voici les trois critères de base pour accorder une préautorisation de reboisement : plus de 10 ans d’abandon, la présence de broussailles d’un mètre et plus, et une densité de 50 %.