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La sève de la berce du Caucase peut causer des blessures qui s’apparentent à des brûlures au second degré.

La sève de la berce du Caucase peut causer des blessures qui s’apparentent à des brûlures au second degré.

Difficile combat contre la berce du Caucase

Malgré les efforts de plusieurs villes et organismes pour lutter contre la berce du Caucase, il est encore trop tôt pour crier victoire. Plusieurs dizaines de foyers prolifèrent toujours, faute de financement adéquat.

« On a fait énormément de progrès en quelques années. N’empêche, l’ampleur de la tâche à venir reste colossale », confie Nicolas Trottier, président de Quadra Environnement.

Sa firme, qui pilote un projet de lutte à cette plante dans quatre municipalités de la MRC Val Saint-François en Estrie, croit pouvoir éliminer la berce du Caucase des territoires de Valcourt, du Canton de Valcourt et de Maricourt cette année. Hélas, la situation demeure problématique dans la municipalité de Racine, qui compte encore plusieurs importants foyers d’infestation qui ne sont pas contrôlés.

Depuis 2017, ces quatre municipalités sont engagées dans une guerre sans merci contre cette plante qui affectionne les milieux humides et les fossés de drainage. Lorsqu’elle entre en contact avec la peau, sa sève couplée à l’exposition du soleil provoque des blessures similaires à des brûlures au deuxième degré, ce qui peut représenter un risque pour les producteurs agricoles et forestiers.

La municipalité de Racine abrite l’une des plus importantes colonies de berce du Caucase au Québec le long du ruisseau Benda. L’eau étant le principal facteur de dispersion de ses graines, l’indésirable a colonisé au fil des années un corridor riverain d’une dizaine de kilomètres qui s’étend jusqu’aux berges de la rivière Noire.

Un fardeau pour les municipalités

« Même si on a arraché tous les plants dans un secteur, chaque plant peut produire des milliers de graines qui sont viables jusqu’à sept ans. Il faut effectuer un suivi annuel et s’assurer que l’espèce n’a pas colonisé les berges en aval », explique Nicolas Trottier.

Jusqu’ici, les efforts des quatre municipalités de l’Estrie ont coûté 100 000 $. Elles ont reçu une aide de 100 000 $ du programme Prime-Vert. Mais pour ramener la situation à un niveau tolérable à Racine, il faudrait beaucoup plus d’argent, estime son maire, Christian Massé. « Au rythme actuel des choses, la situation ne sera pas ramenée à un seuil tolérable d’ici 10 ou 15 ans, explique l’élu. Pour aller plus vite, il faudrait mettre sur la table 300 000 $. C’est beaucoup pour une municipalité de 1300 habitants qui est aussi aux prises avec d’autres plantes envahissantes comme la renouée japonaise et le myriophylle à épi. »

Une tâche de longue haleine

Également confrontée à la prolifération de la berce du Caucase, la région de Chaudière-Appalaches complétera en 2020 la troisième et dernière année d’un vaste programme de lutte dont les coûts totalisent 1,6 million de dollars. Le projet a jusqu’ici permis d’arracher près de 200 000 plants dans plusieurs municipalités, notamment le long de la rivière Boyer dans la MRC de Bellechasse.  « Nos efforts de sensibilisation auprès de la population ont eu pour effet de recevoir un grand nombre de signalements. On constate que l’espèce est plus répandue qu’on le croyait, affirme Émilie Sirois, responsable des communications de l’Offensive régionale de lutte à la berce du Caucase en Chaudière-Appalaches. Certains sites sont sous contrôle, mais si on relâche nos efforts ne serait-ce qu’une année, on reviendrait à la case départ. »