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Louis-Philippe De Rainville et Christian Lemire, de Baie-du-Febvre, sont deux des huit producteurs ayant des digues fauniques sur leurs terres. Photo : Gracieuseté de Marie-Lyne Michon

Louis-Philippe De Rainville et Christian Lemire, de Baie-du-Febvre, sont deux des huit producteurs ayant des digues fauniques sur leurs terres. Photo : Gracieuseté de Marie-Lyne Michon

Des producteurs opposés au démantèlement de digues fauniques

Un groupe de huit producteurs agricoles de Baie-du-Febvre s’oppose au démantèlement des digues fauniques qui se trouvent sur leurs terres du littoral du lac Saint-Pierre dans le Centre-du-Québec.

Ces digues ont été aménagées il y a environ 30 ans par la Société d’aménagement récréatif pour la conservation de l’environnement du lac Saint-Pierre (SARCEL) et Canards Illimités pour favoriser la reproduction des poissons lors des crues printanières et offrir des habitats à plusieurs espèces d’oiseaux.   

Or, les deux organismes fauniques considèrent maintenant que ces aménagements ne remplissent pas leur rôle, notamment en raison des déplacements de sédiments lors des opérations printanières de pompage.

Par contre, pour les producteurs agricoles, ces aménagements permettent aussi d’éviter l’ennoiement de leurs terres lors des crues du fleuve et leur assèchement après le pompage de l’eau autorisé à compter du 8 mai. 

Le producteur laitier Christian Lemire est l’un des producteurs touchés.

« Le niveau du lac est élevé, dit-il. Si les digues n’étaient pas là, c’est certain que je perdrais une bonne partie de mes cultures. »

Il possède 14 hectares dans le secteur des digues et en loue près d’une dizaine d’autres à la SARCEL. « Si ces digues sont démolies, c’est certain que je dois revoir ma façon d’exploiter ces terres », dit-il.

Au total, ce sont 225 hectares de terres agricoles qui sont touchées, dont environ 107 appartiennent à six entreprises agricoles. « La décision de démanteler les digues nous a surpris », avoue le président de la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec, Daniel Habel, qui déplore la façon cavalière dont les producteurs ont été informés du projet. « Les producteurs ont reçu une lettre les avisant que les digues seraient démolies après leur récolte. »

Le directeur de la section québécoise de Canards Illimités, Bernard Filion, se défend d’avoir voulu agir en catimi. « Le projet était connu depuis plusieurs mois », dit-il, précisant avoir abordé le sujet de façon informelle lors d’une rencontre avec des représentants de l’Union des producteurs agricoles (UPA).

Mise en demeure

Le cabinet BHLF avocats a adressé au nom de huit producteurs de Baie-du-Febvre, au Centre-du-Québec, une mise en demeure aux organismes qui souhaitent démanteler les digues fauniques construites sur leurs terres il y a 30 ans. La mise en demeure a été signifiée aux deux organismes fauniques impliqués dans le projet, c’est-à-dire la SARCEL et Canards Illimités. Le directeur de cette dernière organisation pour le Québec, Bernard Filion, a confirmé avoir retourné une réponse à cette mise en demeure sans toutefois vouloir en dévoiler le contenu.