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André Lamarre a fait installer des clôtures sur 18 hectares de terres pour freiner la présence accrue de cervidés dans les vergers dont il s’occupe. Photo : Gracieuseté d’André Lamarre

André Lamarre a fait installer des clôtures sur 18 hectares de terres pour freiner la présence accrue de cervidés dans les vergers dont il s’occupe. Photo : Gracieuseté d’André Lamarre

De plus en plus de vergers clôturés

Depuis trois ans, Vignoble et Cidrerie Coteau Rougemont, en Montérégie, procède à la plantation massive de jeunes pommiers dans l’optique de renouveler ses vergers. Comme les chevreuils raffolent des bourgeons des jeunes arbres, l’entreprise a dû se résigner à poser des clôtures sur 18 hectares de terres avant l’hiver.

« Ça coûte très cher, mais c’est devenu un incontournable. Les bourgeons des jeunes pommiers sont facilement accessibles et les chevreuils adorent les manger », explique le directeur des opérations de l’entreprise, André Lamarre, qui remarque une croissance du nombre de cervidés dans les vergers dont il s’occupe, surtout du côté du mont Rougemont.

« L’automne dernier, on s’est rendu compte qu’on n’avait pas de pommes dans le bas des arbres, à cause de ça. Ce qu’on a perdu équivaut environ à 15 % du rendement », calcule-t-il. De premières clôtures avaient été posées il y a trois ans près de la ferme, mais c’est la première fois cette année que de telles installations encerclent complètement l’une des terres de l’entreprise. D’autres seront ajoutées ailleurs sur le site dans le futur. 

« Ce n’est plus possible de faire pousser des pommes sans ça », renchérit François Jodoin, copropriétaire des Vergers Paul Jodoin, à Saint-Jean-Baptiste en Montérégie. Ce dernier reconnaît que les clôtures représentent un investissement important et que c’est souvent peu esthétique, mais il rappelle que l’aspect « bucolique, ça ne fait pas vivre les bourgeons à fruits ».

« On pose des clôtures depuis une ­vingtaine d’années. Maintenant, il y en a presque partout sur notre site. Le 15 % de rendement que tu gagnes avec ça, c’est un minimum. Dans un de mes vergers, le rendement a déjà doublé », souligne-t-il.

Problème qui date « de Mathusalem »

Selon la présidente des Producteurs de pommes du Québec, Stéphanie Levasseur, le problème des chevreuils qui mangent les bourgeons des pommiers date « du temps de Mathusalem ». Comme les vergers, de plus en plus, se dotent d’arbres de petite taille qui sont plus accessibles aux cervidés, note-t-elle toutefois, certains sites semblent attirer plus de chevreuils depuis quelques années. Mme Levasseur précise néanmoins que la problématique évolue différemment selon les régions du Québec.

« À la fédération, on a toujours encouragé l’ajout de clôtures. Si tu veux que ton verger soit rentable, tu n’as pas le choix », estime-t-elle, assurant que la majorité des vergers commerciaux sont clôturés, mais que ces installations sont peut-être moins courantes sur les sites d’autocueillette. « C’est très dispendieux. On a longtemps demandé d’avoir du financement pour ça, mais ça n’a jamais marché », soutient Mme Levasseur, qui affirme que la dépense se rentabilise ­plutôt rapidement, grâce au gain de ­rendement.