fbpx

Collaboration contre l'érosion

Tel que publié dans Centre

ESTRIE — Sans doute une première mondiale, l’Association pour la protection du lac Massawippi (Bleu Massawippi) a fait l’acquisition d’un semoir pour le ray-grass intercalaire et le prête gratuitement à ses membres.

Cette plante sert de culture de couverture d’hiver dans le maïs-ensilage, notamment. Le ray-grass a été testé préalablement sur des fermes de l’Estrie en 2010 et 2011, sous la supervision des agronomes Stéphanie Durand et Marie-Andrée Audet, coordonnatrices respectives des bassins versants des rivières Nicolet Sud-Ouest et Coaticook. Il prend un mois avant d’atteindre le stade des 3-4 feuilles et à ce stade, il peut supporter l’ombre du maïs. Lors des tests, il s’est mis à croître rapidement après la récolte du maïs. Le chevelu racinaire du ray-grass étant dense et assez profond, il a un effet très positif sur la structure du sol et en améliore la portance, ce qui fait de cette plante une bonne culture de couverture d’hiver.

L’adhésion à Bleu Massawippi coûte 50 $ et donne accès au semoir ainsi qu’à des services-conseils. Au moment d’écrire ces lignes, des agriculteurs de la région se sont engagés auprès de l’organisme pour planter 800 acres de ray-grass intercalaire. Julien Lévesque est de ceux-là. Avec ses fils Kevin et Denis, qui sont chacun copropriétaire à hauteur de 25 %, il exploite une ferme laitière près de la rivière Niger, un affluent majeur de la Tomifobia.

« Nous avons été approchés par Patrick Désilets, de Bleu Massawippi, explique Kevin Lévesque, et nous avons lu la documentation. Nous sommes engagés pour 60 acres, parce que c’est bon pour l’environnement, mais aussi parce que c’est rentable. On garde notre bonne terre, on a un engrais vert et ça améliore la portance. »

Stéphanie Durand a tenu à souligner la collaboration qui existe en Estrie entre les différents organismes voués à l’environnement. « Le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs a identifié trois bassins versants prioritaires en Estrie, ceux de la Coaticook, de la Tomifobia et de la Nicolet Sud-Ouest. Plutôt que de travailler chacun de leur côté comme ça se fait habituellement, les coordonnateurs des bassins versants mettent en commun leur expertise.» L’idée d’acheter un semoir est d’ailleurs née lors d’une discussion informelle entre Michèle Gérin, de Bleu Massawippi, et Marie-Andrée Audet, coordonnatrice pour la Coaticook.