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Michel Myre ne comprend pas encore pourquoi des terres agricoles aussi riches ont pu être abandonnées. Photo : Patricia Blackburn/Archives TCN

Michel Myre ne comprend pas encore pourquoi des terres agricoles aussi riches ont pu être abandonnées. Photo : Patricia Blackburn/Archives TCN

« Aucune compensation ne comblera la perte de ces terres agricoles »

Le sort est fixé pour trois agriculteurs touchés par l’implantation de la multinationale Google à Beauharnois, en Montérégie. 

L’annonce de la construction d’un nouveau centre de données Internet sur des terres appartenant à Hydro-Québec a été officialisée en mai 2021. Trois agriculteurs qui louaient un total de 90 hectares de ces terres depuis de nombreuses années viennent néanmoins d’être informés que leur bail prendra fin en janvier 2022.

« On nous demande maintenant de fournir une évaluation de nos pertes pour les trois années qui restaient [au bail]. On reste toutefois dans l’incertitude quant au montant qu’on pourra recevoir », raconte Michel Myre.

Même s’il savait que la transaction se concrétiserait prochainement, le producteur de grandes cultures admet avoir encore d’énormes difficultés à comprendre comment « d’aussi belles terres » ont pu passer aux mains d’une entreprise privée.
« En plus, ça semble faire l’affaire de tout le monde, déplore-t-il. Pour mon entreprise, qui sera bientôt reprise par mon fils, ça ne change pas grand-chose. On pourra continuer à manger, même avec 30 hectares en moins. Mais pour la protection du territoire agricole, cette transaction a selon moi créé un précédent. Qu’est-ce qui se passera dans l’avenir? Est-ce que toutes les compagnies privées qui ont un poids monétaire pourront faire pencher les décisions en leur faveur? » s’interroge-t-il.

Rappelons que dans ce dossier, la Commission de protection du territoire agricole avait émis un avis défavorable au dézonage des 90 hectares de terres agricoles sur le territoire de Beauharnois. Or, le gouvernement provincial est passé outre cet avis en procédant par décret. Le site a été préféré par la multinationale, notamment parce qu’il se situe à proximité d’une centrale hydroélectrique.