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Environ 85 % des poissons d’eau douce en vente au supermarché proviennent de l’extérieur du pays. Crédit photo : Archives TCN

Environ 85 % des poissons d’eau douce en vente au supermarché proviennent de l’extérieur du pays. Crédit photo : Archives TCN

Un comité pour aider à doubler la production de poissons

Le ministre de l’Environnement, Benoît Charrette, a donné son aval à la création d’un comité dont la mission consistera à aider les aquaculteurs à atteindre l’objectif du gouvernement de doubler la production au Québec d’ici 2025.

L’idée a germé lors d’une rencontre de la Table filière de l’aquaculture en eau douce du Québec à l’Assemblée nationale, en février dernier. Le député de Bonaventure, Sylvain Roy, avait alors organisé un entretien avec le ministre Charrette.

Les pisciculteurs espèrent en fait que l’équipe de pilotage permette de réduire les délais d’obtention de certificats d’autorisation auprès du ministère de l’Environnement. Normand Roy, président de la Table filière, souligne que cela pouvait prendre jusqu’à deux ans avant de les recevoir. Il souhaite réduire l’attente à un maximum de six mois, ce qui facilitera l’atteinte de l’objectif de produire plus de 2 000 tonnes de poissons d’ici sept ans.

« Ça va prendre de nouveaux investisseurs. Ce ne sont pas les aquaculteurs existants qui vont permettre de doubler la production », soutient Normand Roy, qui est aussi propriétaire de la plus grande ferme de truites arc-en-ciel au Québec, en Estrie. Selon lui, seulement trois ou quatre nouveaux pisciculteurs se sont joints à la filière au cours des dernières années.

Exigences environnementales

Normand Roy a lui-même l’intention d’augmenter sa production, qui est actuellement d’à peu près 220 tonnes par année. Pour ce faire, il devra installer un système de traitement des eaux afin de réduire ses émissions de phosphore de moitié pour se conformer à la réglementation provinciale.

Mais malgré les exigences imposées aux producteurs d’ici pour mieux protéger l’environnement, un paradoxe demeure. « En ce moment, 85 % des poissons viennent de l’extérieur [surtout du Chili et de la Norvège]. Il y a beaucoup de transport. […] Je crois que le ministre est conscient de ça », mentionne Normand Roy. Celui-ci affirme d’ailleurs que les marchés d’alimentation réclament un plus grand accès à des poissons d’élevage québécois depuis plusieurs années.

Toutefois, aucun échéancier précis n’a été fixé concernant la création de l’équipe de pilotage. Joint par courriel, le cabinet du ministre de l’Environnement s’est limité à dire que M. Charrette se prononcera « sous peu » sur « la forme que prendra cette réflexion ».

Rappelons que les gouvernements provincial et fédéral avaient annoncé, en décembre dernier, un investissement totalisant 42,8 M$ sur cinq ans pour développer l’industrie de l’aquaculture au Québec.