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Simon Lafontaine et Frédérique Lavallée devant leur troupeau qu’ils souhaitent voir devenir carboneutre. Photo : Gracieuseté de la famille Lafontaine-Noël

Simon Lafontaine et Frédérique Lavallée devant leur troupeau qu’ils souhaitent voir devenir carboneutre. Photo : Gracieuseté de la famille Lafontaine-Noël

Un bœuf carboneutre

DUPUY — Deux jeunes diplômés en agronomie de l’Université Laval entament une expérience en Abitibi. Frédérique Lavallée et Simon Lafontaine tenteront de produire et de mettre en marché un bœuf dit « carboneutre ». Le projet d’affaires pourrait aussi devenir un projet de recherche.

Simon est le fils de deux producteurs bovins du petit village de Dupuy, au nord de l’Abitibi. Cet été, il profite de la ferme de sa famille pour élever la cinquantaine de bêtes qui compose le troupeau de l’entreprise Écoboeuf fondée avec sa conjointe Frédérique.

Les bêtes sont nourries seulement à l’herbe. L’objectif est que cet élevage n’émette pas plus de gaz à effet de serre (GES) qu’il n’en capte. « Je pense que tout le monde est de plus en plus sensibilisé à une agriculture plus environnementale », observe Simon, dont l’inspiration provient à la fois d’un séjour dans une université agricole en Suède et de l’étiquette polluante accolée à la production bovine.

Des arbres à planter au champ

Pour capter le CO2 et relever le défi carboneutre, le jeune couple plantera des arbres dans le champ. « Actuellement, je cherche quelles essences d’arbres capteraient le plus et combien il faudrait en mélanger », explique Frédérique. Cette dernière projette d’ailleurs d’en faire un projet de maîtrise universitaire.

Au pâturage, les vaches sont déplacées selon un plan de rotation intensif et la future chercheuse en mesurera les impacts sur la captation du carbone.

Vincent Poirier, professeur de l’Unité de recherche et de développement en agroalimentaire de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, est spécialiste en séquestration du carbone dans le sol. C’est lui qui dirigera le travail de recherche de Frédérique si le financement se confirme. « Ça a un fort potentiel de réussite, estime-t-il. C’est avec les pratiques agroforestières qu’il y a le plus à gagner en termes de séquestration du carbone. »

Calcul basé sur le cycle de vie

Le calcul des émissions se basera sur le cycle de vie à la ferme, donc à la fois sur celles générées par le troupeau et sur celles reliées à l’énergie et à la machinerie (diesel, essence, électricité, etc.). Elles seront captées et calculées à partir d’un modèle de l’IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) et d’un autre développé par Environnement Canada. Les gaz causés par le transport des bêtes vers l’abattoir et les points de vente ne seront toutefois pas comptabilisés.

En plus de prêter une partie de leur ferme pour l’expérience, les parents de Simon, Éric Lafontaine et Hélène Noël, aident Frédérique à prévoir les déplacements fréquents des animaux.

Les premiers Écoboeufs devraient être mis en marché dans quelques points de vente de la province cet automne.