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Les éleveurs de volailles bretons sous pression

Après les producteurs de lait, c’est au tour des éleveurs de volailles de la France, plus particulièrement de Bretagne, d’être dans la tourmente.

Les deux grands exportateurs français de volailles, le Groupe Doux et Tilly-Sabco, ont en effet décidé de refiler aux éleveurs la baisse de moitié des aides européennes à l’exportation décrétée par la Commission européenne à la mi-janvier.

Ces transformateurs demandent aux éleveurs d’accepter, dès le 1erfévrier, une chute de revenu de 54 $ CA/tonne sur la baisse totale de 148 $ exigée. En pratique, cette mesure représente une baisse de revenus d’environ 38 000 $ par an pour un élevage moyen.

« Cela signifie la fin du poulet export, car beaucoup d’éleveurs ne peuvent absorber une telle baisse et vont être tentés de laisser leurs bâtiments vides », a déclaré Didier Goubil, de la Chambre régionale d’agriculture. « Si on voulait saborder l’aviculture française, on ne pouvait pas mieux faire », a renchéri Christine Ganat, présidente de l’association des éleveurs fournisseurs du Groupe Doux.

Les syndicats agricoles qualifient « d’inacceptable » la décision de la Commission à l’heure où les éleveurs sont déjà aux prises avec une forte hausse des coûts d’alimentation. Ils invitent ces derniers à ne pas signer d’avenant à leur contrat de production autorisant leurs acheteurs à les priver de ce revenu. Ils menacent de bloquer la mise en place de poussins dans les élevages et promettent des manifestations si l’étau ne se desserre pas sur les producteurs.

La baisse brutale des aides européennes intervient à un mauvais moment alors que la filière avicole bretonne est en pleine mutation. Elle doit entre autres prendre les moyens pour reconquérir le marché de l’Hexagone approvisionné à plus de 40 % par des volailles étrangères.

Cette mesure va en outre compliquer le redressement financier du groupe Doux et profiter aux géants brésiliens JBS et Brazil Foods qui concurrencent les Français sur les marchés du Proche et du Moyen-Orient.

La Commission a justifié sa décision par le dynamisme des exportations qui s’est maintenu et a même augmenté, en dépit d’une baisse des aides décrétée en octobre 2012.