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Photo : Shutterstock.com

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La recherche scientifique et universitaire au service de la filière aviaire

La recherche s’est particulièrement développée ces dix dernières années, et la tendance ne devrait que s’accentuer dans le futur.

Plusieurs projets de recherche universitaire au Québec, auxquels les Éleveurs de volailles du Québec (EVQ) et certains de leurs membres sont associés, s’avèrent en cours. L’objectif des chercheurs est de trouver de nouvelles techniques et méthodes d’élevage pour optimiser la santé des oiseaux et leurs performances de croissance, de réduire l’utilisation des antibiotiques et l’antibiorésistance, de réduire les pathogènes alimentaires et de diminuer les répercussions environnementales, notamment par rapport au rejet de phosphore.

Cette recherche contribuera à assurer la pérennité de l’ensemble de la filière en donnant à ses acteurs des outils pour s’adapter aux changements permanents et aux exigences grandissantes des consommateurs, et permettra de former les éleveurs de demain.

Parmi les recherches en cours, citons les travaux de la Chaire en recherche avicole de l’Université de Montréal, qui portent notamment sur l’entérite nécrotique (EN), une maladie intestinale d’importance économique, et l’analyse de la flore intestinale, appelée le microbiote. La Chaire continue son travail sur l’amélioration des connaissances entourant l’EN, qui mènera ultimement, nous l’espérons, au développement d’un vaccin.

De son côté, l’Université Laval concentre sa recherche sur la Modélisation de l’utilisation du phosphore alimentaire chez le poulet de chair; adaptation du modèle pour un transfert efficace vers les utilisateurs. L’objectif  vise dans un premier temps à prédire l’effet du phosphore et du calcium sur les performances de croissance et la minéralisation osseuse des poulets. À terme, les résultats permettront une meilleure évaluation des apports en phosphore afin d’optimiser la formulation des aliments. Autres buts visés : optimiser les coûts d’alimentation tout en améliorant le bien-être des animaux et en réduisant les impacts environnementaux.

Toujours à l’Université Laval, la Chaire de recherche sur les stratégies alternatives d’alimentation des porcs et des volailles aide la filière à répondre aux préoccupations environnementales et sociales, mais tout en demeurant compétitive. Là encore, la recherche se penche sur la caractérisation des ingrédients de rechange et les voies permettant leur utilisation de façon efficace afin d’optimiser les performances de croissance, de limiter les répercussions environnementales et de réduire l’antibiorésistance par l’amélioration de la santé digestive.

Le gouvernement canadien fait de la réduction des pathogènes alimentaires, dont la Salmonella enteritidis (SE), un enjeu de santé publique prioritaire. Afin de dresser un portrait de SE, les Producteurs de poulet du Canada et les provinces mènent un Sondage sur la prévalence de Salmonella enteritidis (SE) à partir d’un échantillon représentant 10 % des fermes canadiennes. Selon les résultats, des mesures de réduction de SE pourraient être proposées.

Dans la même veine, la Chaire de recherche en salubrité des viandes de l’Université de Montréal mène un projet concernant l’optimisation du contrôle des salmonelles dans la filière avicole québécoise.  Un sujet d’actualité nouvellement étudié. Il s’agit de dresser un portrait de la prévalence et des sources de contamination des produits par les salmonelles du couvoir, en passant par la ferme, et jusqu’à l’abattoir. Après l’analyse des résultats, un plan de réduction pour SE pourrait être proposé pour chaque maillon de la filière.

La biosécurité est aussi l’un des thèmes phares en matière de recherche avicole, sur lequel se penche l’Étude Delphi sur les sources de contamination et la biosécurité dans les élevages de volailles au Québec. Pour cela, un questionnaire a été envoyé à des éleveurs de poulets, de dindons et de poules pondeuses (incubation et œufs de consommation), à des vétérinaires et des représentants techniques afin de recueillir leur opinion sur le niveau de risque des pratiques d’élevage comme sources de contamination des volailles à la ferme. Avec près de 110 éleveurs participants, cette étude permettra de cibler les besoins prioritaires en formation sur la biosécurité à la ferme. Un projet mené de concert avec le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), l’Université de Montréal et l’Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles (EQCMA).

Enfin, l’Université de Montréal étudie l’Investigation de foyers de la laryngotrachéite infectieuse (LTI) au Québec. Cette étude évalue les facteurs de risque, tels que la proximité des poulaillers, les vents, la gestion du fumier et des oiseaux morts, le type d’entrée, le contrôle des indésirables, etc., qui auraient pu disperser cette maladie entre les fermes, lors de l’éclosion de la LTI à Saint-Félix-de-Valois en 2018. Une cinquantaine d’éleveurs de cette région ont participé à ce projet.

Menée notamment par l’Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles, l’Étude de prévalence de Mycoplasma Synoviae (MS) chez la volaille (poulets, dindons et pondeuses) dressera un portrait de la prévalence de cette maladie. En fonction des résultats obtenus, un plan d’action pourrait être établi afin  de minimiser les impacts de MS, notamment sur la croissance des poulets et des dindons.

Agathe Beaudouin, collaboration spéciale